Des jeunes, acteurs de leur avenir

Vanessa, un manager en télétravail

Vanessa Warin, cheffe du service Insertion professionnelle au centre EPIDE de Val-de-Reuil (27) doit, en cette période de confinement, jongler entre le télétravail et le suivi pédagogique de son fils de 4 ans. Une situation évidemment imprévue lorsqu’elle a rejoint l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi, le 2 mars dernier.

Piloter, organiser, animer, diriger, mais aussi motiver et dynamiser son équipe. En théorie, quelques grands concepts du bon manager. Mais, qu’en est-il, lorsque, en pratique, on vient à peine de prendre son poste à l’EPIDE et que chacun se retrouve chez soi ? Vanessa, nous parle de son expérience un peu hors norme.

AGENT DE l’EPIDE, UN NOUVEAU CHALLENGE À RELEVER

Le 2 mars, soit quinze jours avant l’annonce du confinement et la fermeture des centres EPIDE, Vanessa Warin a rejoint le centre de Val-de-Reuil. Un poste, à la tête du service d’insertion professionnelle qui lui tenait à cœur. En parallèle, Vanessa, s’est engagée dans une formation de coach individuel et d’équipe, qui, elle en est persuadée, lui sera utile dans son poste à l’EPIDE.

Avant l’EPIDE, Vanessa a travaillé pendant quinze ans à la Mission locale. Elle y a occupé successivement le poste de conseillère en insertion puis de directrice adjointe. En 2006, elle a participé à l’inauguration du centre EPIDE de Val-de-Reuil. Ce qu’elle avait retenu alors, c’est le cadre d’inspiration militaire du dispositif. Vanessa, comme elle le reconnaît, avait jusqu’ici une vision approximative du dispositif. Un environnement et des pratiques méconnus pour cette professionnelle de l’insertion, mais qu’elle a appris à découvrir, et ce même à distance.

Ancienne directrice adjointe, Vanessa connaît le management des équipes. Á l’EPIDE, à la tête du service Insertion professionnelle et formation, elle encadre une équipe de 24 agents contre 15 dans sa précédente fonction. Elle est consciente que le centre de Val-de- Reuil, tout comme les 18 autres centres, est intégré dans un dispositif dont les pratiques sont homogènes et qu’il lui faut se les approprier.

« À la mission locale, on était dans un fonctionnement quasi familial. Chaque mission locale a un fonctionnement indépendant. »

LE SUIVI DE L’ACTIVITE DU CENTRE, UNE PRIORITÉ

Après seulement deux semaines de présence sur le centre, elle a participé, avec la directrice, les coordonnateurs pédagogique et éducatif, à la définition des modalités de fermeture et de suivi des volontaires à distance. Elle se rappelle ces deux jours de travail dans le centre avant la mise en place du télétravail : « On a su, dès le lundi, qu’il fallait garder le contact avec les volontaires. Avec la chargée d’accompagnement social, il a fallu en priorité s’occuper des jeunes sans solution de logement. »

« Car finalement ce qui nous tient le plus à cœur quand on intègre l’EPIDE, c’est de proposer une aide aux jeunes que nous accueillons, c’est un engagement au-delà d’un simple travail, et dans ce contexte sanitaire préoccupant, il nous paraît essentiel de maintenir un lien quotidien avec eux !»

Face à la situation, elle a mis en place une procédure d’échanges d’informations avec les agents, et aussi pour et vers les jeunes accueillis.

« Il y a des échanges hebdomadaires avec les conseillers insertion professionnelle qui font le lien avec le reste de l’équipe. Chaque volontaire est contacté par téléphone par un agent de la section. Tout un réseau de communication a été mis en place. Ils s’organisent par section avec une très bonne répartition spontanée des actions. Il est important d’assurer le lien et le suivi des volontaires pour être serein, car avec le temps les situations individuelles - des jeunes - risquent de se complexifier. »

MANAGER À DISTANCE, UNE (DÉ)MARCHE ACROBATIQUE

Dans ce contexte particulier, elle découvre son équipe. En tant que manager, elle avait planifié sur plusieurs semaines des entretiens individuels avec chacun. Un planning qui s’est vu perturber avec la fermeture des centres. Elle a revu sa méthode, notamment en s’appropriant les outils mis à sa disposition, pour construire le lien avec son équipe. Elle a également effectué un entretien d’embauche en visioconférence pour un poste vacant dans son équipe. Une première pour elle.

« J’ai été agréablement surprise par la disponibilité de mon équipe. J’ai proposé deux solutions : les échanges par téléphone ou en visioconférence. J’ai bien évidemment pris en compte les contraintes de chacun. Tous ont joué le jeu. Cela me permet de continuer dans ma démarche de collecte d’informations et d’étude du fonctionnement de l’équipe dans le centre. »

Comme le souligne Vanessa, « l’ensemble des agents a à cœur l’intérêt des jeunes. Ils savent se recentrer sur l’essentiel : l’accompagnement des jeunes. Il y a une logique collective qui s’est spontanément installée. ». 

À la maison, Vanessa Warin gère les cours de son fils de 4 ans, ce qui est un autre enjeu pour elle. Le cumul des deux activités dans un même espace est, sans nul doute, acrobatique. Vanessa est confiante dans sa mission au sein de l’EPIDE, et pense déjà à la réouverture du centre.

« Avec l’équipe, nous nous préoccupons des prochaines intégrations des jeunes. Nous sommes tous mobilisés autour de la programmation des actions à mettre en place. Nous n’en oublions pas pour autant les volontaires du centre. Ils n’ont pas décroché. Ce qui est rassurant ! »