Des jeunes, acteurs de leur avenir

Un ancien volontaire de l’EPIDE, médaillé d’or des meilleurs apprentis

A 21 ans Dylan vient d’être médaillé d’or du concours « Un des meilleurs apprentis de France ». Un succès qu’il n’aurait jamais pu imaginer il y a quelques années. Décrochage scolaire et drame familial ont ainsi marqué l’adolescence du jeune homme, jusqu’à son entrée au centre EPIDE de Cambrai.

Après Hélène, ancienne volontaire du centre EPIDE de Lanrodec devenue meilleure apprentie de France, l’EPIDE compte un nouveau médaillé d’or, Dylan. Le jeune homme vient, en effet, à 21 ans, de décrocher la médaille d’or du concours régional « Un des meilleurs apprentis de France », en sérigraphie industrielle, et organisé par la société nationale des Meilleurs ouvriers de France. Un succès qui vient récompenser le parcours pourtant compliqué de cet ancien volontaire du centre EPIDE de Cambrai.

Et pour cause, comme beaucoup de volontaires, Dylan a connu un parcours chaotique et marqué par l’échec scolaire. « Mon année de 3ème, au collège, était difficile. On m’a imposé à la va-vite une orientation qui ne me correspondait pas, un CAP en électrotechnique » explique-t-il. Après un mois, seulement, Dylan abandonne sa formation.

Commence alors une longue période d’inactivité. « Je suis resté pendant 3 ans à ne rien à faire. Je restais chez moi, je sortais avec des copains. Ça ne plaisait pas trop à ma mère. Je n’avais pas l’envie de faire quelque chose, pas de motivation. L’école ça ne me plaisait pas du tout. Elle ne pouvait pas faire grand-chose » se remémore-t-il tristement.

Un déclic malheureux

Dylan s’enfonce dans cette situation pendant trois longues années, jusqu’au déclic. Un déclic qui fait suite à un évènement familial malheureux, le décès de sa mère. « Je me suis retrouvé seul du jour au lendemain. J’ai été recueilli par ma tante pendant six mois ». Le jeune homme n’a pas le choix, il doit trouver une solution pour son avenir. Celle-ci vient d’un ami de sa tante qui lui fait découvrir l’EPIDE.

Le jeune homme n’hésite pas et intègre l’EPIDE quelques mois après ses 18 ans. L’internat est une grande première pour lui. « La vie en internat ne me branchait pas trop, mais je m’y suis fait » explique-t-il. « J’ai toujours été un peu introverti, même très timide. En général, c’étaient les gens qui venaient vers moi, par l’inverse ». Dylan arrive toutefois à s’adapter et se fait même des amis dans le centre.

« J’ai appris à m’affirmer à l’EPIDE. On a travaillé sur mes difficultés. J’ai appris à m’exprimer, à aller vers les autres. J’ai pris confiance en moi à l’EPIDE. Je me sens plus capable de chose aujourd’hui qu’avant l’EPIDE » se réjouit le jeune homme. Ce dernier obtient également à l’EPIDE son code puis son permis de conduire.

« Tout ce que j’ai aujourd’hui, c’est grâce à l’EPIDE. Sans l’EPIDE, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui ». Dylan, ancien volontaire du centre EPIDE de Cambrai.

Lorsqu’il aborde son souhait de projet professionnel avec sa conseillère en insertion professionnelle (CIP), Delphine Bosquet, il lui fait part de son rêve, devenir boulanger. Malheureusement, Dylan déchante rapidement. « J’ai fait un stage dans une boulangerie. Ça ne m’a plus. Je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais faire » se souvient-il. Débute alors une période de flou pour le jeune homme qui ne sait pas quoi faire.

La découverte de la sérigraphie

Après de nombreuses recherches, et aidé par sa CIP, il découvre la sérigraphie, un métier peu connu. « La sérigraphie, c’est l’impression à la main, avec de l’encre sur tous types de support. Je me suis professionnalisé dans le textile, sur le vêtement plus particulièrement ». Un métier très exigeant. « Il y a peu de sérigraphes en France, mais beaucoup d’entreprises en recherchent. Il faut être rigoureux, dynamique, endurant, soigneux et précis, mais surtout être capable de supporter la chaleur » détaille l’ancien volontaire.

Dylan effectue ainsi un nouveau stage, probant cette fois. « Ça m’a tout de suite plu. L’entreprise m’a fait signer rapidement un contrat d’apprentissage en alternance sur deux ans pour un CAP, dans un CFA à Béthune » se félicite le jeune homme, avant de poursuivre. « Aujourd’hui, je traite par exemple des commandes d’entreprises qui veulent un logo sur un vêtement, des casquettes, etc. » détaille-t-il.

Vers la médaille d’or de meilleur apprenti

Dylan, qui se plaît dans sa formation, décide, avec son école de passer le concours des meilleurs apprentis de France. « C’est très valorisant d’y participer » note-t-il. L’exercice ? Reproduire une œuvre à la perfection sur photo. « Je devais réaliser l’encre à la bonne teinte, la bonne densité, etc. ». Un concours que Dylan réussit haut la main. « J’ai été le médaillé d’or régional des Hauts-de-France des meilleurs apprentis de France » se félicite-t-il. Une récompense qui lui ouvre désormais la porte du concours national qui se tiendra cette fois à la Roche-sur-Yon. « Je ne m’y attendais pas à cette médaille d’or. Ça m’a fait très plaisir. J’ai reçu beaucoup de messages de félicitations de ma famille et du centre EPIDE ».