Des jeunes, acteurs de leur avenir

Loula, une monitrice éducatrice en devenir

Pour Loula, volontaire au centre EPIDE de Toulouse (31), son objectif devenir monitrice éducatrice. Pour cela, il lui faut réussir un concours. Un oral qu’elle a préparé et passé durant la crise du coronavirus. Un défi qui a demandé une motivation sans bornes.

Volontaire au centre EPIDE de Toulouse (Haute-et-Garonne) depuis septembre 2019, Loula est une jeune femme dynamique au sourire communicatif. En arrivant à l’EPIDE, elle avait besoin de se recréer un rythme et de se remotiver. Aujourd’hui, elle ne regrette pas son choix.

Un cadre difficile à appréhender pour Loula

À 17 ans, Loula arrête l’école et le bac professionnel en commerce qu’elle avait débuté. Pour elle qui aime le contact avec les autres, le commerce correspondait à son appétence pour les relations humaines. C’est en effectuant des stages qu’elle se rend compte que le commerce ne lui correspond pas, ni la voie scolaire traditionnelle. Durant une année, elle a fait des petits boulots comme des ménages ou encore caissière en supermarché.

« J’ai pris le temps de réfléchir. Je voulais travailler dans le social, construire un parcours de vie en lien avec le métier de ma maman. »

La jeune femme, enfant unique élevée par sa mère dont le métier dans le social l’a beaucoup influencé, a voulu « se prendre en main » et pourtant, comme elle le précise : J’étais fermée à tout. Je me suis tout de même renseignée sur le site internet. Je me suis dit que le fait d’avoir un cadre pourrait peut-être me convenir. »

Originaire d’Arles-sur-Tech, une commune située dans le département des Pyrénées-Orientales, Loula était inquiète quant à l’idée de quitter son cercle familial et de vivre en collectivité. Une crainte vite oubliée.

« Au départ, le cadre d’inspiration militaire me freinait un peu. Et puis j’avais peur de quitter ma maison et de vivre en internat. Aujourd’hui, j’adore ! Porter un uniforme aussi, je trouve ça super ! Cela gomme les différences entre nous. »

Plus qu’un projet professionnel, une vocation

En septembre 2019, Loula débute son parcours d’insertion au centre EPIDE de Toulouse. Rapidement, elle définit son projet professionnel avec l’équipe encadrante. Devenir monitrice éducatrice devient son objectif en partie grâce aux diverses missions bénévoles auxquelles elle participe.

« J’ai fait des enquêtes auprès des professionnels lors des missions bénévoles que nous effectuons avec le centre : dons du sang, restos du cœur, etc. Je me suis beaucoup imprégnée du métier des moniteurs éducateurs. »

En début d’année, elle s’inscrit au concours d'entrée du centre Erasme, Institut du travail social, qui lui permettra de décrocher le diplôme d’État de Moniteur Éducateur. Son oral, initialement prévu le 13 mars, a été repoussé en raison du confinement. Un contretemps qui n’a pas pour autant démotivé Loula.

« J’ai continué à préparer mon oral. On a communiqué par mail avec les agents. J’ai aussi fait du bénévolat. Comme par exemple, accompagner un réfugié au quotidien pour échanger en français ou encore prendre part à la distribution de colis organisée par la mairie de mon village. »

Pour préparer l’épreuve orale, qui s’est déroulée en visioconférence début juin, Loula a été entraînée par les agents du centre, pour entre autres « corriger ses tics de langage » résume Loula avec le sourire. Elle reconnaît également avoir reçu un grand soutien de leur part pour éviter que le doute ne s’installe avec l’isolement. Pour Mélanie Fortin, formatrice d’enseignement général : « Loula, c’est une pépite ! C’était très facile de travailler avec elle. Elle est très volontaire et sait où elle veut aller. On a beaucoup travaillé ensemble. Et cela a payé ! »

Pendant la période du confinement, la jeune femme s’est pleinement investie pour réussir, aidée par les agents, mais aussi en grande partie grâce à sa motivation. Aujourd’hui, Loula a réussi les épreuves et est sur liste d’attente pour intégrer la formation initiale début septembre.