Des jeunes, acteurs de leur avenir

« J’avais besoin d’un cadre pour évoluer. »

Kevin, 23 ans est volontaire au centre EPIDE de Saint-Quentin (02). Arrivé en novembre 2019, le confinement a mis en pause son parcours au sein du centre, mais pas sa motivation.

Titulaire d’un BEP et d’un CAP, Kévin a souhaité suivre un parcours à l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi pour aller bien au-delà d’une simple formation ou de l’acquisition d’un diplôme. Il était en recherche d’un cadre pour évoluer. Au centre EPIDE de Saint-Quentin, au contact des cadres, Kevin a retrouvé confiance en lui.

Un projet professionnel difficile à définir

Après une formation qualifiante en cuisine, Kevin a souhaité changer de projet. En 2018, il entame alors un bac professionnel en commerce dans un micro-lycée, un cursus qui l’engage pour deux ans. Des problèmes familiaux, ainsi qu’une prise de conscience, entraînent l’arrêt de sa scolarité au bout d’un an. Sur les conseils de son interlocutrice à la Mission locale, il se rend à une préadmission au centre EPIDE de Saint-Quentin.

« J’ai séché les cours pour aller à la préadmission. Ma décision prise, j’ai voulu faire les choses correctement. J’ai envoyé un courrier au lycée pour expliquer mon choix et pourquoi je souhaitais abandonner mon cursus. »

Une décision qu’il ne regrette pas. Depuis novembre 2019, Kévin a débuté un parcours dans lequel il a défini un projet professionnel dans le secteur de la restauration collective. Un stage en usine agro-alimentaire prévu en juillet devrait lui permettre de consolider son projet.

Une motivation à toute épreuve

Très apprécié au centre, Kévin s’investit rapidement. Dès le début de son parcours, des dispositions ont été prises pour l’accompagner au mieux et ainsi relever les freins à l’embauche qu’il pourrait rencontrer. Il pourra ainsi compter sur CAP emploi. Une aide supplémentaire qui lui permettra de valider son projet professionnel et l’aidera à trouver l’emploi qui lui correspond.

« Avant, j’étais seul. Depuis que je suis au centre, je bénéficie d’un suivi médical. Je me sens beaucoup mieux. »

En précarité sociale depuis son arrivée, il a progressé sur l’acceptation de ses difficultés et de l’aide de l’équipe encadrante en laquelle il a pleinement confiance. Cédric Donin, conseiller insertion professionnelle, se rappelle : « Après 2 mois au centre et lors d’un entretien individuel, j’ai identifié un problème d’hébergement. Kévin ne nous en avait pas parlé. Pour lui, sa situation n’était pas un problème et ne gênait pas ses projets professionnels »

« Je n’ai plus de contact avec ma famille. Je dormais à gauche et à droite. L’EPIDE m’a trouvé un hébergement dans un centre d’urgence pour le week-end. Depuis, j’ai trouvé une certaine stabilité. »

À l’annonce de la fermeture du centre, Kévin a été logé à temps plein au sein du foyer d’hébergement ainsi que quatre autres volontaires du centre. Le confinement a été une épreuve et pourtant il a réussi à garder une posture positive. Il s’est inscrit dans des activités volontaires au bénéfice du centre d’hébergement.

« Je sors beaucoup en temps normal et avec le confinement, je ne savais pas quoi faire de mes journées. Alors j’ai proposé mon aide. Au centre d’hébergement, j’ai fait des colis alimentaires et déchargé des camions. Je donnais aussi un coup de main à la cuisinière. J’en faisais un peu tous les jours. »

Kévin raconte sa fierté d’avoir été utile durant le confinement comme le souligne Alexandra Solazzo, directrice du centre : « Lors de son retour au centre. Il était fier de me dire que pendant le confinement, au lieu de rester sans rien faire, il avait pris plaisir à aider dans le foyer où il est hébergé. »

A Saint-Quentin, tout comme au centre EPIDE de Combrée (49),, les volontaires poursuivent leur parcours en alternance. Pour Kevin, qui a besoin d’une attention et d’un accompagnement particulier, le retour au centre se fait toutes les semaines et il en est ravi.