Des jeunes, acteurs de leur avenir

Infirmier et chargée d’accompagnement social, un binôme d’experts au service des jeunes

Claire et Olivier, chargée d’accompagnement social et infirmier au centre EPIDE de Lanrodec (22) ont été présents aux côtés des volontaires durant la période de confinement.

Il y a deux mois, avec la fermeture des centres EPIDE, l’accompagnement des volontaires a dû être adapté. Claire et Olivier dont les métiers se basent sur la proximité et l’écoute avec les jeunes nous parlent du soutien renforcé aux volontaires.

Une priorité : le bien-être des volontaires

Assurer la prise en charge et l’accompagnement des volontaires dans le domaine de la santé, pour faciliter leur insertion sociale et professionnelle, une mission que Claire et Olivier mènent au quotidien au centre EPIDE de Lanrodec (22). Depuis le 16 mars dernier, leur binôme a pris tout son sens avec l’apparition de nouvelles problématiques liées à la fermeture des centres.

Claire Chesnais est chargée d’accompagnement social auprès des volontaires du centre EPIDE de Lanrodec depuis 2010. Une fonction qu’elle n’a pas toujours occupée à son arrivée en 2006. L’ancienne monitrice connaît bien le dispositif et le public accueilli, et elle a vu les problématiques des jeunes évoluer. La situation actuelle n’a pas aidé à inverser la tendance.

« L’isolement lié au confinement a mis en exergue des souffrances indécelables jusqu’à maintenant. »

Olivier Labbé, quant à lui, est infirmier au centre depuis 2017. Après 15 ans d’expérience dans l’insertion sociale, le fonctionnaire territorial a passé le concours et suivi une formation pour devenir infirmier. Le travail d’écoute, le suivi individuel, des compétences qu’il a acquises grâce à son précédent métier de moniteur éducateur.

« Devenir infirmier était pour moi une extension de mon métier de moniteur éducateur. »

Tout comme Sylvia, Alexandre ou Sabine et Nathalie, Olivier aurait pu mettre ses compétences au service de la réserve sanitaire. Pour lui, la réponse a été évidente : se tenir prêt en cas de sollicitation, mais se concentrer en priorité sur le suivi des volontaires de l’EPIDE.

« À notre niveau, on sauve aussi des vies. On s’assure de garder le lien avec les jeunes et surtout qu’ils continuent un parcours de vie sain. »

Un accompagnement… presque comme dans le centre

Chacun, à leur niveau, Claire et Olivier s’attachent à analyser et connaître les situations sociales et médicales de tous les volontaires du centre. Cela a été bien utile au moment du confinement afin d’engager des actions adéquates pour chacun.

« Nous connaissons la situation de tous les volontaires. Avec l’accueil en internat interrompu, la question de l’alimentation est devenue un problème pour certains. Nous envoyons des tickets services par lettre suivie à une trentaine de jeunes. »

Au même titre, à l’annonce du confinement, l’hébergement des jeunes sans solution est devenu une priorité pour les deux professionnels. Sur la centaine de jeunes accueillis dans le centre, un hébergement en urgence a été organisé pour trois d’entre eux. Logés dans un hôtel, ils ont été rejoints rapidement par trois autres volontaires.

Les six volontaires vivent en dehors du centre, mais ce n’est pas pour autant que le parcours EPIDE et les règles de vie ne sont pas respectés. Ils ont à leur disposition un réfrigérateur, une machine à laver, un four à micro-ondes. Une situation imprévue qui les prépare à l’autonomie.

« Chaque jour, un agent de l’EPIDE leur rend visite. Comme en temps normal sur le centre, nous vérifions la propreté des chambres. Nous leur rappelons les règles de sorties à respecter et leur fournissons des moyens d’apprentissage à distance. Nous leur avons également proposé de participer à l’entretien des espaces verts de l’hôtel. Cela leur donne une activité et le sentiment de se sentir utile. »

La situation particulière a confirmé l’importance de l’accompagnement sanitaire et social pour tous les volontaires. La relation de confiance instaurée par les deux professionnels participe activement au bien-être des volontaires. « Les jeunes nous demandent aussi comment nous allons. L’échange va dans les deux sens. On crée une relation de confiance dès le début du parcours, et même avant leur admission », résume Olivier.

« La priorité : les jeunes. C’est important que chacun revienne au centre dans de bonnes conditions. »

Le suivi sanitaire et social des   jeunes est assuré par l’ensemble des agents du centre. « Tous nos collègues ont également aidé au suivi sanitaire et social des volontaires, les savoir-faire de chacun se complètent. Mon rôle, poste unique dans le centre, ne l’est plus en ce moment. Tout le centre est impliqué, à tous les niveaux », souligne Claire.

Claire et Olivier vont être amenés à travailler différemment. Ils ont participé à la mise en œuvre de nouvelles pratiques sanitaires pour s’assurer que tous, agents et volontaires, acquièrent les bons gestes sanitaires pour la vie en collectivité. Un défi sera aussi de s’assurer que les volontaires se soient enrichis de cette expérience.

« Une attention particulière est portée aux volontaires pour lesquels nous avions décelé des fragilités. Avec la réouverture du centre, nous allons devoir prendre en compte la période qui vient de s‘écouler dans la reprise du parcours d’insertion de chacun. Il faudra redoubler d’efforts. »