Des jeunes, acteurs de leur avenir

Corinne, une formatrice d’enseignement général à l’ère du numérique

Corinne Haquin, formatrice d’enseignement général au centre EPIDE de Lanrodec (22) s’est retrouvée face à un véritable casse-tête : la mise en œuvre de la continuité pédagogique. Les réseaux sociaux et les outils numériques ont été la solution.

Plus de 90 % des volontaires qui suivaient un parcours dans les 19 centres EPIDE avant confinement, sont en lien avec les équipes pédagogiques de l’établissement pour l’insertion pour l’emploi. Un défi qu’il a fallu relever dans la précipitation grâce à l’implication de tous les agents. Corinne, formatrice d’enseignement général au centre EPIDE de Lanrodec, nous explique comment elle s’est adaptée à cette nouvelle forme d’apprentissage à distance.

Conseil aux volontaires : « Oubliez la procrastination et établissez un emploi du temps. »

Depuis presque 5 ans, Corinne est formatrice d’enseignement général au centre EPIDE de Lanrodec. L’objectif est l’acquisition par les jeunes des compétences fondamentales nécessaires à leur insertion sociale et professionnelle. Des connaissances qui sont toujours en lien avec leur projet professionnel. Comme la formatrice le souligne, « dès que c’est possible, l’enseignement qui est très individualisé à l’EPIDE, se construit autour de l’acquisition des prérequis nécessaires pour l’emploi visé par le volontaire. Par exemple, un jeune qui veut être maçon travaillera la géométrie et un autre qui souhaite travailler dans l’accueil du public se concentrera sur le français. ».

Corinne intervient dans une équipe pédagogique composée de sept agents : un conseiller insertion professionnelle, deux conseillers éducation et citoyenneté et trois moniteurs. Cette équipe « formidable », comme elle la qualifie, encadre une section comprenant vingt jeunes en moyenne. Tous, avec leurs compétences spécifiques, collaborent étroitement pour la réussite de chaque jeune.

Corinne s’occupe également des autres volontaires du centre qui demandent un suivi plus personnalisé. Dans une expérience professionnelle précédente, elle intervenait dans la lutte contre l’illettrisme des adultes.

Une formatrice 2.0

Corinne maîtrise bien l’utilisation des outils numériques pour l’apprentissage. Lorsqu’elle vivait en Polynésie, elle a créé un site pédagogique pour l’apprentissage de la langue pour les adultes.

« Quand j’ai créé mon site pour apprendre à lire et écrire aux adultes, il a fallu tout apprendre sur la création d'un site. Je suis autodidacte sur le sujet. »

Depuis 2017, Corinne s’occupe de la page Facebook du centre de Lanrodec. Une opportunité qu’elle a saisie lors de la création des pages Facebook de l’EPIDE. « Je me suis portée volontaire, réellement par goût et envie. Quand j’étais jeune, je voulais être journaliste. Je trouve cela intéressant de communiquer sur les actions du centre sur les réseaux sociaux. On touche un plus grand nombre de personnes comme le prouvent les nombreux commentaires. » Une appétence qui lui a été bien utile pour initier ses collègues et assurer le suivi des jeunes.

« Nous faisons en sorte de ne pas lâcher les jeunes. »

Aujourd’hui, tous les membres de l’équipe sont en contact. Ils ont gardé la même cadence de réunions hebdomadaires et quotidiennes. Pour Corinne, elle retrouve presque « l’ambiance du bureau » grâce aux nombreuses visioconférences.

« Nous gardons le même rythme que lorsque nous sommes sur le centre. La situation m’a fait découvrir des outils que je n’utilisais pas comme Teams, par exemple. Habituellement, avec mes collègues, nous sommes en open-space. Là, malgré la frustration de ne pas être ensemble, je retrouve un peu de l’ambiance collective ! »

Les échanges s’articulent autour du suivi des volontaires : s’assurer à tour de rôle que chacun est contacté deux à trois fois par semaine.

« Nous leur envoyons des exercices, par mail ou par SMS. Nous faisons en sorte de ne pas lâcher les jeunes. Il faut qu’ils sachent que nous sommes là pour eux. »

Corinne a créé un groupe privé sur Facebook pour pouvoir échanger entre cadres et volontaires. Cela fonctionne comme une plateforme d’échanges. Une façon de conjuguer apprentissage, culture et jeu.

« Les volontaires qui ont choisi de s’abonner au groupe sont assidus. On y retrouve des bons conseils de savoir-vivre et des tutos d’apprentissage tels que les tables de multiplication, ou encore comment confectionner et manipuler un masque de protection. J’ai aussi mis en ligne le spectacle du Cirque du soleil ou envoyé des liens vers le site officiel des musées nationaux. »

 

L’activité et l’offre de service de l’EPIDE aux volontaires sont maintenues. Chacun travaille au quotidien pour préparer l’ouverture des centres et assurer l’accueil des jeunes dans les meilleures conditions.

 « Quand nous appelons les jeunes à 11 h, nous les réveillons ! À la réouverture des centres, les volontaires devront reprendre un rythme journalier de travail. Nos habitudes et méthodes aussi devront évoluer. Avec les gestes barrières à adopter, je ne pourrai plus me placer à proximité des volontaires pour corriger leurs exercices ou expliquer une notion. Mais nous saurons nous adapter ! »