Des jeunes, acteurs de leur avenir

A l’EPIDE, le théâtre permet de prendre confiance en soi

Ces dernières semaines, plusieurs centres EPIDE ont organisé des ateliers d’expression avec, au programme, des séances de théâtre. Un exercice très intéressant pour les volontaires qui prennent confiance en eux et renforcent leur capacité à s’exprimer en public.

Quel est le point commun entre la boxe, la radicalisation ou encore Blanche neige ? Ce sont tous des sujets de pièces de théâtre développées dans différents centre EPIDE au cours du mois de juin. Et pour cause, la pratique du théâtre est régulière dans les centres.

A Bourges, une pièce a ainsi été jouée le 18 juin par les volontaires du centre. Le thème, « Blanche neige format orange mécanique ». Une pièce pleine d’humour, mais surtout très utile dans le cadre du parcours EPIDE. En effet, le manque de confiance en soi des volontaires freine leur insertion socio-professionnelle, le théâtre leur permet d’avancer sur ce point. « C’était très profitable pour plusieurs volontaires sur le volet prise de confiance en eux et sur la prise de parole en public » confirme Marie-Pierre Jupille, conseillère éducation et citoyenneté au centre EPIDE de Bourges-Osmoy.

Des volontaires qui, pour cet exercice, se sont filmés et ont enregistré leur voix en « off » pour expliquer la pièce. Un bon exercice de mise en valeur et d’estime de soi pour vaincre leur timidité. « J’ai adoré faire ça, car je suis timide. Je me suis fait violence » explique l’un des participants. « Je n’aime pas me mettre en avant, mais là j’ai adoré travailler en équipe » confirme un second volontaire.

Dans un autre centre EPIDE, à Langres, trois volontaires ont participé à des ateliers « Mieux communiquer et se valoriser grâce au théâtre » animés par la compagnie de Théâtre Préface. Des ateliers menés aux côtés de sept jeunes d’autres structures, dont une mission locale ou encore Pôle emploi. A la clé, une représentation théâtrale le 20 juin à la préfecture de Langres en présence des élus et de différents partenaires du centre EPIDE.

« Deux minutes après toi » : quand le théâtre aborde la radicalisation

Au centre EPIDE de Bordeaux, l’ensemble des volontaires et des agents a participé à une pièce de théâtre, réalisée par la troupe « fenêtre sur », sur le thème de la radicalisation. Intitulée Deux minutes après toi, la représentation retrace les deux dernières minutes qui ont précédé la disparition d’une personne dans une explosion. La pièce tente de démêler les ressorts et les mécanismes de ce drame ainsi que l’enfermement mental dans lequel se trouve le personnage.

Tantôt incarnant les proches, tantôt la mort, l’acteur a ainsi questionné les volontaires sur les raisons d’un engagement, le lien entre la peur et la violence et l’impuissance ressentie par les proches. En amont de cette participation, les volontaires avaient travaillé sur le sujet, afin de pouvoir échanger pendant une heure à l’issue de la pièce avec les acteurs sur ce thème. Les questions ont permis notamment d’aborder la question de la manipulation mentale et le mécanisme de l’engrenage. « J’ai trouvé la scène particulièrement touchante. J’ai pu découvrir la radicalisation sous un autre angle que par les médias ou les réseaux sociaux » détaille l’un des volontaires.

« Combattre par le sport et le verbe »

A Val-de-Reuil, c’est un tout autre exercice auquel ont participé les volontaires du centre EPIDE. Par l’intermédiaire d’un atelier intitulé « Combattre par le sport et le verbe », les volontaires se sont interrogés sur leurs combats quotidiens grâce à une activité qui lie le théâtre à la boxe. Objectif : trouver les mots qui collent à leurs difficultés, leur colère et à leurs idéaux. « Contre quoi désirent-ils s’insurger ? A quoi ressemble leur rage ? Que reste-t-il de leur amour ? » détaille Sophie Frère, conseillère éducation et citoyenneté au centre EPIDE de Val-de-Reuil.

Pour mener à bien ce projet, le centre s’est associé au théâtre de l’Arsenal de Val-de-Reuil et à la compagnie de théâtre Chiendent. « Nous avons travaillé ensemble, dès le début du mois d’avril, avec quatre volontaires de sections différentes. Ils ont montré une détermination et une motivation sans faille » se félicite Sophie Frère.

Des ateliers qui ont permis aux jeunes de pratiquer une gymnastique intense du corps et du verbe. « Ils ont découvert la joie de participer à une aventure collective où l’expression est au cœur » poursuit-elle. Au programme, des séances de sport intensives d’une heure trente, entrecoupées de séances d’écriture. « Cela a permis aux volontaires d’aller au-delà de leur capacité et de sortir de leur zone de confort » note la conseillère éducation et citoyenneté à l’origine du projet. « Nous avions ensuite, une heure trente de théâtre d’improvisation où nous faisions des petits exercices pour se mettre en situation. Les volontaires se sont découverts petit à petit, et ont pris de l’assurance ».

Des ateliers qui ont, au final, porté leurs fruits pour les volontaires participants : prise de confiance en soi, meilleure expression à l’oral et, pour finir, une représentation de leur pièce devant plus de 300 personnes au théâtre de l’Arsenal, à Val-de-Reuil.