Des jeunes, acteurs de leur avenir

A La Grand-Combe, deux anciens volontaires de l’EPIDE interviennent sur le chantier du futur centre

Au cours des deux premiers mois de l’année 2020, deux anciens volontaires du centre EPIDE de Strasbourg sont intervenus, à titre professionnel, sur le chantier du futur centre EPIDE d’Alès- La Grand-Combe. L’occasion de revenir sur leur parcours, original, qui leur a permis de créer leur société.

Ils sont tous les deux d’anciens volontaires de l’EPIDE. Ils interviennent aujourd’hui côte à côte, en tant que co-gérants de leur société, sur le chantier du futur centre EPIDE d’Alès-La Grand-Combe. Dimitri, 32 ans, et Roland, 33 ans, se connaissent depuis toujours. « Nous venons du même quartier de Colmar. Nous étions voisins » explique Dimitri. « Nous avons grandi dans notre quartier sans perspective d’avenir. L’école ce n’était pas pour nous » poursuit-il.

« J’ai quitté l’école en 3ème, sans diplôme » confirme Roland. « J’ai suivi un apprentissage dans la peinture en bâtiment. Ensuite, j’ai fait quelques petits boulots, de l’intérim, toujours dans le bâtiment et les travaux de démolition » détaille-t-il. L’interim, Dimitri en vit aussi à l’époque. « On nous a parlé de l’EPIDE. Nous y sommes entrés ensemble à 20 ans ». Les deux amis intègrent ainsi, en 2007, la première promotion du centre EPIDE de Strasbourg, où ils partagent le même dortoir.

« L’EPIDE nous a extraits de notre quotidien, de notre vie de quartier. Cela nous a sortis de notre routine » Roland, ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg.

« En y allant, je ne pensais pas avoir besoin d’un cadre. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que j’en avais pourtant besoin. J’y ai appris la discipline, à me lever tôt, à marcher au pas » se remémore Dimitri. Roland, lui, cherchait bien un encadrement pour le remettre dans le droit chemin. Au bout de 6 mois de parcours, les deux anciens volontaires sortent rapidement vers un emploi. « Je n’avais pas de projet professionnel à l’époque. On était jeune, on ne savait pas ce qu’on voulait. On recherchait la stabilité professionnelle et personnelle surtout » note Roland.

« J’ai eu un contrat pour la ville de Colmar avec une opportunité pour devenir gardien de musée sur un CDD de trois mois » explique ce dernier. Les deux amis enchaînent ensuite chacun de leur côté les petits boulots : « J’ai fait de l’usine chez PSA à Mulhouse, puis j’ai été dans le textile chez Rodia à Valence, ensuite j’ai travaillé pour une entreprise pharmaceutique à Colmar » détaille-t-il.

« L’EPIDE nous a encadrés, structurés, montré la possibilité que l’on a d’évoluer » Roland, ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg.

Des petits boulots jusqu’à l’offre d’emploi qui va tout changer. Les deux amis d’enfance postulent, ensemble, pour une jeune société spécialisée dans le désamiantage et la démolition. « Nous avons, tous les deux, été recrutés dans la même société, au sein de la même équipe. Nous avons rapidement eu l’opportunité d’évoluer de simple opérateur jusqu’à faire le tour de toutes les activités : encadrement de chantier, gestion de plusieurs chantiers, management d’équipe, etc. » explique Roland. « J’ai trouvé une vraie stabilité dans le bâtiment. Nous sommes restés quatre ans dans cette société de désamiantage où l’on a acquis une certaine expérience » poursuit Dimitri.

Une expérience suffisante pour qu’ensemble, ils décident de créer leur entreprise. « Nous avons toujours eu envie d’être indépendants. On s’est rendu compte que si on faisait ce métier pour un patron on pouvait aussi le faire pour nous » se rappelle Roland. « A deux, c’était plus simple pour avancer sur ce projet. Nous n’y serions jamais arrivés sans nos femmes, qui sont sœurs. Elles ont géré toute la partie administrative » explique-t-il, fier de ce qu’ils ont accompli.

Aujourd’hui, leur jeune société, ouverte en 2017, continue à se développer. « Nous sommes sept au total dans l’entreprise. Nous avons obtenu une mission sur le chantier du futur centre EPIDE d’Alès en tant que sous-traitants pour notre ancienne société. Nous sommes intervenus début janvier 2020 jusqu’à la fin du mois de février pour découvrir une toiture et retirer l’amiante du futur bâtiment d’hébergement. C’était vraiment une très bonne expérience de recroiser l’EPIDE sur un de nos chantiers » explique Roland.

Ce projet terminé, leur société doit maintenant continuer sa croissance. « Nous souhaiterions développer une deuxième équipe et arriver à dix personnes dans la société. On veut rester dans une optique où l’on peut compter les uns sur les autres, dans une ambiance familiale » conclut-il.