Des jeunes, acteurs de leur avenir

VIDEO. Le tour de France solidaire d’un ancien volontaire de l’EPIDE

Un ancien volontaire du centre EPIDE de Montry a réalisé pendant 75 jours un tour de France des centres de l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi. Objectif, récolter des fonds pour son association et venir en aide au village d’Hové, au Togo.

Un tour de France à vélo, de près de 4200 kilomètres. C’est l’exploit achevé le 27 juillet dernier par Sébastien Ivanes, un ancien volontaire du centre EPIDE de Montry. Un tour de France également très original, puisqu’il s’agissait de relier les 19 centres du dispositif EPIDE. Son objectif, récolter des fonds pour son association tout le long de son trajet, afin d’installer des panneaux solaires sur le centre de santé du village d’Hové, au Togo et d’y rénover l’école.

Un périple qui aura duré 75 jours pour le jeune homme de 31 ans : « C’était long. J’étais très fatigué en arrivant dans les centres EPIDE, même épuisé sur la fin » explique-t-il. « Mais les volontaires et les cadres m’ont beaucoup apporté. Je me relevais le lendemain matin, requinqué. »

Un tour de France des centres EPIDE

Pour Sébastien, c’est l’occasion de découvrir les 19 centres EPIDE et d’échanger avec les volontaires : « Je leur expliquais que j’étais comme eux, 12 ans en arrière, que je comprenais ce qu’ils vivaient. Ils avaient besoin de savoir ce qui les attendait par la suite. Je leur ai dit la vérité, j’ai parlé avec mon cœur. Cela les a motivés. Cela vaut le coup de se battre » poursuit-il. Un discours très motivant pour les jeunes. « Quand je suis arrivé dans un centre, un volontaire m’a expliqué qu’il souhaitait quitter le dispositif. J’ai un reçu un sms le lendemain de ce jeune qui me disait qu’il irait jusqu’au bout. » Une fierté pour Sébastien.

« L’EPIDE, pour moi, c’est une famille. » Sébastien Ivanes

« Je voulais aussi contribuer à faire découvrir le dispositif EPIDE. Faire savoir tout le bien que les agents apportent aux jeunes ! Ce tour de France c’était aussi une manière de les remercier pour tout ce qu’ils m’ont apporté. Je me sentais redevable » avoue Sébastien Ivanes. « Je pense que mon passage a aussi reboosté certains agents. Leur travail n’est pas toujours facile, alors je voulais leur dire que ce qu’ils font est important et utile pour les jeunes comme celui que j’ai été. »

Un parcours compliqué

Si Sébastien tient autant à remercier l’EPIDE, c’est qu’il a connu un parcours de vie très compliqué. « Lorsque je suis arrivé à l’EPIDE en 2005, j’ai rejoint la première section du premier centre ouvert en France. Je n’avais pas d’argent, pas de diplôme, ni même de logement. Je n’avais aucun avenir » confie-t-il.

Son comportement est aussi, à l’époque, compliqué : « J’étais un jeune plutôt instable et paumé. J’étais plutôt rebelle. Mon comportement m’a joué des tours. J’ai quitté le dispositif EPIDE peu de temps après mon arrivée. Je l’ai regretté tout de suite. J’ai demandé à revenir et l’EPIDE m’a laissé une seconde chance. » Un parcours qui durera, au total, 13 mois. Sébastien s’oriente à sa sortie vers le secteur de la logistique et choisit de changer de vie. « Il fallait que je parte pour ne pas retomber dans mes travers. J’ai pris le premier train qui partait de Paris et je me suis installé à Mâcon. »

« Aujourd’hui j’ai un bon bagage professionnel qui me permet de travailler partout dans le monde. » Sébastien Ivanes

Pendant cinq années Sébastien travaille en tant que cariste, avant de passer son permis poids lourd. « En 2011, je suis devenu chauffeur indépendant, puis j’ai passé le permis super lourd en 2013 et je suis devenu routier international. » Pourtant, après une mauvaise expérience professionnelle, l’ancien volontaire décide de changer de vie pour « travailler dans l’humain », auprès d’enfants en difficultés.

C’est dans ce cadre qu’il créé en octobre 2017 l’association Souba, avec pour objectif d’aider d’autres associations dans diverses manifestations, mais aussi de soutenir les causes humanitaires et sociales de son choix. Une décision qui le mènera à lancer l’action humanitaire « Pour que chaque kilomètre compte », au bénéfice du Togo, et à enfourcher son vélo de 120 kilos pour un tour de France. Dernière étape, se rendre en fin d’année au Togo pour l’installation des panneaux solaires.