Des jeunes, acteurs de leur avenir

Sylvia, monitrice à l'EPIDE et réserviste opérationnelle

À la suite de la fermeture des centres EPIDE le 16 mars dernier, Sylvia C. , monitrice au centre de Bordeaux a choisi de redéfinir son activité professionnelle durant cette période. Au quotidien, elle accompagne les volontaires vers une insertion sociale et professionnelle réussie. Aujourd’hui, elle accompagne les malades atteints du COVID-19.

Son métier de monitrice, Sylvia en est fière mais dans une autre vie professionnelle, elle est aussi aide-soignante. Deux métiers qui ne sont pas incompatibles aujourd’hui, face à la situation sanitaire. Elle nous parle de ce qui l’a motivée dans cette démarche volontaire.

De monitrice à volontaire réserviste

À l’EPIDE depuis janvier 2019, Sylvia Costes est également réserviste opérationnelle au sein du Service de santé des Armées. Durant 21 dans l’Armée de terre, cette militaire de carrière a occupé le poste d’aide-soignante. Une vraie vocation pour Sylvia, qui, à la suite de problèmes de santé, a été contrainte de mettre la pratique de son métier en suspens.

Après une affectation au Régiment du service militaire adapté (RSMA) en Polynésie française, Sylvia a commencé à travailler auprès des jeunes. Une expérience qui l’a marquée et motivée à postuler à l’EPIDE.

« Mon expérience précédente, et plus particulièrement mon approche d’aide-soignante, me sert pour mon métier actuel en tant que monitrice. »

À la fermeture du centre EPIDE de Bordeaux, Sylvia a rapidement pris contact avec son ancien chef, directeur des soins de l’hôpital d’instruction des Armées Robert Picqué de Bordeaux (HIA). Son initiative a rapidement été acceptée.

Aide-soignante, bien plus qu’un métier, une vocation

C’est donc au titre de réserviste opérationnelle du Service de santé des Armées que Sylvia effectue des vacations tous les 2 jours depuis le 23 mars. Après une formation sanitaire d’une demi-journée afin d’assimiler toutes les pratiques en matière de protection des malades et des personnels soignants, Sylvia a débuté ses gardes. A raison de 12 h de travail par jour, elle est soumise à un rythme auquel elle n’est plus habituée, même si son expérience passée et les différentes opérations extérieures l’y ont préparée. La situation et les conditions restent tout de même particulièrement éprouvantes tant physiquement que moralement.

 « On a à peine le temps de s’asseoir pour manger »

Le HIA de Bordeaux a ouvert trois services d’accueil des patients atteint du COVID-19. Chacune des antennes possède dix lits. Sylvia accueille les patients et participe, aux côtés de l’équipe médicale aux tests de dépistage : électrocardiogrammes, bilans sanguins, etc. Une fois le diagnostic posé, les patients sont renvoyés chez eux ou bien dirigés vers les services concernés pour les traitements spécifiques.

« Il y a beaucoup de passages impliquant un gros travail de désinfection. Et cela tout en prenant soin des patients. Rien que le processus pour intégrer la salle de tri est long. On ne met pas moins de 3 minutes rien que pour se protéger soi-même. C’est un protocole très lourd. Il ne faut pas oublier qu’il y a un gros risque de contamination pour les soignants. ».

Habituellement, l’aide-soignant est proche des patients. Ici, Sylvia fait face à des conditions singulières car comme elle le souligne : « C’est difficile de prendre le temps de discuter avec les patients car on ne peut pas rester trop longtemps dans la pièce. Habituellement, dans ce métier, on relativise beaucoup. Mais ici, nous sommes confrontés à l’isolement des patients. Les visites de leurs proches ne sont pas autorisées. Et cela joue sur leur moral. ».

La solidarité et le soutien qui s’organisent même en dehors de la structure médicale sont encourageants pour Sylvia  : « C’est incroyable, il a beaucoup de solidarité de la part des gens. C’est beau et rassurant. »

« Mon métier principal, c’est l’EPIDE même si en ce moment j’ai la tête ailleurs »

Même si Sylvia est ravie d’avoir retrouvé ses anciens collègues du HIA de Bordeaux, elle n’en oublie pas pour autant les volontaires et ses collègues du centre EPIDE de Bordeaux. Elle est consciente des difficultés de chacun face au confinement et n’hésite pas à prendre des nouvelles de tous.

Elle tient à suivre l’évolution des volontaires de sa section et échange régulièrement avec toute l’équipe encadrante avec laquelle elle travaille au quotidien sur le centre.

« Je vais appeler les volontaires, pour garder contact avec eux. Je ne veux pas qu’ils croient que nous les oublions. Je suis curieuse de savoir ce qu’ils font de leur journée. »

En 2019, 37 agents de l’EPIDE ont sollicité un congé de réserve opérationnelle tout en s’assurant de réussite de la mission de l’EPIDE auprès des jeunes. Qu’ils soient moniteurs, conseillers insertion professionnelle, formateurs d’enseignement général ou encore conseillers éducation citoyenneté, les agents de l’EPIDE sont aussi volontaires citoyens.