Des jeunes, acteurs de leur avenir

Quand les volontaires de l’EPIDE ont un « rôle à jouer »

Comment parler sereinement de la délicate question des addictions ? Le centre EPIDE de Bordeaux a trouvé une façon originale en organisant la tenue d’une pièce de théâtre. C'est un centre pilote de l’expérimentation de la stratégie d’intervention précoce en 2019 dont le déploiement sera effectif dans tous les centres en 2021.

Les grands auteurs de théâtre l’ont compris : pour comprendre une situation il faut la jouer. Le centre EPIDE de Bordeaux et l’association « Fenêtre Sur » ne font pas autre chose quand ils proposent une pièce de théâtre aux volontaires pour comprendre les enjeux des addictions. Consommation de drogues, écrans ou encore alimentation, l’addiction est une hydre à plusieurs têtes. Le pari est que « sur les planches » on peut mieux la saisir que dans la vraie vie.

Pendant une heure et quart, les volontaires ont suivi deux personnages, Eulde et Maxime, lesquels explorent les manifestations et le rapport entre l’addiction, la violence, le passage à l’acte et la responsabilité. Tout en recréant d’une façon décalée des univers et actions qui reflètent le quotidien des jeunes, ils les invitent à réfléchir sur leurs actes et leurs conséquences autant pour eux que pour autrui.

Comprendre et puis débattre

Le débat qui a suivi la pièce a permis de pouvoir évoquer tous les types d’addictions et de répondre aux questions des volontaires.  « J’ai assisté pour la seconde fois à cette pièce, précise Enzo. Je suis content de la revoir car j’ai compris des choses sur les addictions que je n’avais pas saisi la première fois… ».

Les spectateurs du centre EPIDE de Bordeaux ne sont pas restés de marbre face aux situations violentes jouées devant eux. Certains Volontaires ont demandé aux acteurs, à la fin de la pièce, si compte tenu de la violence et des scènes parfois de bousculade, ils arrivaient, une fois la pièce terminée à ne pas avoir d’amertume l’un envers l’autre.

D’autres étaient aussi attentifs au métier d’acteur. Un métier jubilatoire mais avec des contraintes : ils ont demandé aux acteurs s’il était « compliqué de reprendre le fil quand ils ont des petits trous de mémoire ». Les acteurs ont répondu que « non, car ils se connaissent très bien et avec l’expérience, ils arrivent toujours à s’adapter ».

C’était la première fois que la pièce était jouée au centre ce qui a grandement facilité les échanges entre volontaires et comédiens. De quoi devenir addict au théâtre ?

DECOUVRIR LES PIECES DE « FENÊTRE SUR… » : fenetresur.org

À SAVOIR : Cette pièce s’est jouée, pour la 1re fois en plein air (pour cause Covid-19), ce qui a permis aux acteurs de se promener librement dans le public !
Le spectacle est co-financé par le centre et l’ARS Nouvelle-Aquitaine.