Des jeunes, acteurs de leur avenir

« Je suis entré à l’EPIDE au dernier moment possible »

Gaguik a un parcours très particulier. Alors que la plupart des volontaires intègrent l’EPIDE vers 18 ans, lui a rejoint le dispositif à 25 ans, la limite possible. Un jeune homme avec une expérience forcément plus importante que ses camarades et une maturité plus développée. Des avantages qu’il a su mettre à profit pour son insertion professionnelle.

« Lorsque je suis arrivé, j’avais presque 26 ans. C’était la limite d’âge ». Quelques semaines de plus et Gaguik n’aurait jamais pu rejoindre l’EPIDE. En effet, le dispositif accueille uniquement les jeunes entre 18 et 25 ans.

En avril 2017, Gaguik, alors âgé de 25 ans, intègre le centre EPIDE de Lyon-Meyzieu pour un parcours qui sera, alors, très rapide. En cinq mois, le jeune homme sort du dispositif après un très bon parcours. « Quand je suis rentré, je savais pourquoi j’étais venu, ce que je voulais obtenir » explique-t-il.

Changement de vie

En arrivant à 25 ans à l’EPIDE, Gaguik dispose alors déjà d’une certaine maturité, mais aussi d’autonomie, ce que nombreux volontaires, en moyenne âgés de 19 ans doivent acquérir. « Avant l’EPIDE, j’habitais en région parisienne. Je souhaitais changer d'air ». Gaguik déménage alors pour un environnement très différent : la Haute-Savoie.

En déménageant, Gaguik quitte aussi son emploi, mais n’en trouve pas d’équivalent dans sa nouvelle région : « Je travaillais dans l’imprimerie, la dorure pendant un an. Je faisais des publicités, au gaufrage. C’était un poste manuel » détaille-t-il.

Problème, le jeune homme n’a aucun diplôme. « J’étais au lycée, en science technologique et gestion. Je n’ai jamais passé l’examen ». Extrêmement stressé par les examens, Gaguik n’obtiendra jamais son diplôme. « Je n’étais pas à l’aise. J’avais peur d’échouer » explique-t-il. Il enchaîne alors les petits boulots : « J’ai fait un peu de manutention, de la vente, travaillé dans une grande entreprise de livraison » se remémore-t-il. Aucun emploi stable toutefois.

Maturité et confiance des agents

A 25 ans, sans emploi, ni diplôme, Gaguik découvre l’EPIDE lors d’un forum emploi. « On m’a expliqué qu’il n’était pas trop tard pour reprendre une formation ». Il n’hésite pas et intègre tout de suite le dispositif. Le jeune homme découvre alors, à l’EPIDE, la vie en internat. « Ma famille pensait, qu’à mon âge, que je n’avais rien à y faire. Pourtant cela c’est bien passé » se félicite-t-il. « Cet environnement d’inspiration militaire me plaisait vraiment » poursuit-il. « Je me suis vite intégré. Je suis quelqu’un de très sociable ».

Rejoindre un centre EPIDE à 25 ans a aussi quelques avantages, en plus de la maturité. En effet Gaguik qui possède déjà le permis de conduire repasse son code qu’il obtient immédiatement à l’EPIDE. « C’était l’occasion de me mettre à jour sur la nouvelle version de l’examen du code de la route ». Très à l’aise sur ce sujet, il obtient même la confiance du centre EPIDE : « Au bout de trois mois, le centre m’a proposé d’animer des sessions supplémentaires pour entraîner des volontaires au code de la route ».

« L’EPIDE m’a apporté une motivation très forte, de la niaque, l’envie de réussir, d’avancer » Gaguik, ancien volontaire du centre EPIDE de Lyon-Meyzieu.

Un métier peu connu

Si à la base Gaguik souhaitait travailler à l’international comme conducteur de poids-lourds, c’est pourtant vers un tout autre métier qu’il s’est tourné. « Un technicien est venu installer la fibre optique chez ma mère, quelques mois avant que j’intègre l’EPIDE. Je lui ai demandé de m’expliquer et de me montrer son métier. Lorsque j’ai dû réfléchir à mon projet professionnel pendant mon parcours à l’EPIDE, j’y ai repensé ».

Gaguik n’hésite pas un instant et en parle à son conseiller en insertion professionnelle. « J’ai fait un stage de découverte d’une semaine dans une entreprise du domaine de la fibre. Cela m’a tout de suite plu » se souvient-il. Un stage décisif qui pousse le jeune homme à débuter, fin septembre 2017, une formation au sein de la Chambre de Commerce et d'Industrie d’Aurillac. « Cette formation a duré 6 mois. C’était très intense. J’ai fini premier de ma promo » se félicite-t-il.

« L’EPIDE c’est vraiment quelque chose d’incroyable. Le parcours m’a permis de m’ouvrir. Beaucoup de gens m’ont appris à travailler sur moi » Gaguik, ancien volontaire du centre EPIDE de Lyon-Meyzieu.

« J’ai dû passer un examen pratique de près de six heures durant lequel je devais construire un réseau câblé de communication et raccorder l'installation d'un client à un réseau câblé de communication » détaille-t-il. Pourtant très stressé pour passer des examens, Gaguik s’en sort, cette fois, haut la main. « Ce que m’a apporté l’EPIDE, c’est vraiment de la confiance en moi » explique-t-il.

A l’issue de cet examen, le jeune diplômé postule dans l’entreprise où il avait préalablement réalisé six semaines de stages pendant sa formation. « J’ai tout de suite été embauché, en CDI, comme monteur câbleur. Je déploie et je créé des réseaux » explique-t-il. « Ce que je fais aujourd’hui, ça me passionne. Je m’améliore tout le temps et chaque jour j’apprends des choses nouvelles. Ça fait un an que je suis là, et j’ai déjà formé quatre personnes en totale autonomie. Il y a des vraies opportunités de carrière où je suis » explique Gaguik, avant de poursuivre : « Je souhaite continuer à m’épanouir dans mon travail. Je suis tellement épanoui dans ce milieu professionnel que j'ambitionne d'autres projets dans mon avenir ». De belles perspectives pour l’ancien volontaire de l’EPIDE.