Des jeunes, acteurs de leur avenir

« J’ai fui le Tibet avec le statut de réfugiée politique »

Arrivée en 2011 en France, depuis le Tibet, Ashi rejoint l’EPIDE en 2013. Un parcours atypique, pour la jeune femme, désormais ambassadrice 2019 de l’EPIDE.

A 25 ans, Ashi est une ancienne volontaire du centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge (91). La jeune femme a connu un parcours très particulier. « Je suis d’origine tibétaine. Je suis arrivée en France en 2011, depuis le Tibet avec le statut de réfugiée politique ». Face à la répression chinoise dans son pays, Ashi fuit à seulement 17 ans, pour ces raisons politiques, mais aussi personnelles. « Je n’ai pas eu le choix de fuir mon pays » regrette-t-elle. « Il fallait absolument que je parte. Mais je ne savais pas que j’allais atterrir en France à l’époque ».

Alors que toute sa famille est restée au Tibet, Ashi encore mineure en 2011, atterrit en France. « Je ne parlais pas français, je n’avais pas de papiers français » explique-t-elle dans un français aujourd’hui parfait.

La langue française une véritable barrière

En 2012, Ashi obtient une carte de séjour de 10 ans. « J’ai dû apprendre la langue française, qui est extrêmement difficile. J’ai suivi une formation de langue française pendant 8 mois qui m’a beaucoup aidée » détaille-t-elle.

C’est durant cette formation qu’elle découvre l’EPIDE. « Le cadre d’inspiration militaire m’a tout de suite attirée, ça m’impressionnait. L’importance du sport à l’EPIDE aussi m’a aussi poussée à m’y inscrire. J’adore ça. Je me suis dit ‘waouh’ » explique l’ancienne volontaire. Et pour cause, depuis qu’elle a cinq ans, Ashi rêve d’intégrer un corps d’armée.

La jeune femme entre finalement à l’EPIDE fin 2013, pour un parcours qui durera un peu plus d’un an, jusqu’en 2015. « L’EPIDE ça m’a vraiment changée et ça m’a beaucoup aidée surtout au niveau de la langue française » explique-t-elle. « Ça m’a aussi beaucoup aidée pour gagner confiance en moi et m’intégrer » poursuit Ashi. « Même si j’avais un niveau scolaire correct au Tibet, la remise à niveau des savoirs de base dans le centre EPIDE m’a été très utile, en français évidemment, mais aussi en mathématiques où je n’étais pas très bonne » se souvient-elle.

« Pour moi, c’est important de montrer aux jeunes que tout est possible, que rien n’est perdu dans la vie, même si on affronte des échecs. Si on veut faire quelque chose et qu’il y a de la motivation, on y arrive. » Ashi, ancienne volontaire du centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge.

L’armée, une évidence pour Ashi

Si intégrer un corps d’armée, et plus précisément la gendarmerie, est une évidence pour Ashi lors de son arrivée à l’EPIDE, celle-ci est confrontée à un nouvel obstacle pour mener à bien son projet professionnel, celui de la nationalité. Posséder la nationalité française, et un bon niveau de langue, sont en effet des prérequis obligatoires pour passer les concours de la gendarmerie.

« L’EPIDE, c’est une année qui a changé ma vie. Je ne pourrais jamais oublier l’EPIDE ». Ashi, ancienne volontaire du centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge.

« L’EPIDE m’a accompagnée afin que je puisse faire ma demande de naturalisation » détaille Ashi. La jeune femme doit toutefois s’orienter un second projet professionnel, le temps de devenir française. « J’ai choisi de faire une formation dans la sécurité incendie ». Une formation qu’elle réussit et qui lui permet de trouver un emploi à la fin de son parcours à l’EPIDE. « J’ai travaillé pendant deux ans avant de recevoir ma carte d’identité française » explique-t-elle. « Je me suis tout de suite inscrite au concours de gendarme adjoint volontaire ». Un concours qu’elle obtient immédiatement.

« Je suis désormais gendarme adjoint volontaire depuis le 16 août 2018. Ça m’a pris du temps pour y arriver, mais j’ai réussi ! » se félicite-t-elle. En contrat pour six ans, Ashi est désormais affectée dans une caserne, en Normandie. « La suite maintenant pour moi c’est de passer les concours de sous-officiers en 2020 ».

Une réussite qu’elle est fière d’expliquer à sa famille restée au Tibet. « Même si c’est difficile, j’arrive encore à avoir de leurs nouvelles. Ils sont fiers de mon parcours » conclut-elle.