Des jeunes, acteurs de leur avenir

« Grâce à l’EPIDE j’ai désormais une vie plus saine »

Ambassadeur 2018 de l’EPIDE, Jason est désormais un ancien volontaire du centre de Cambrai. A 23 ans le jeune homme a triomphé des lourdes difficultés qu’il a connues. Portrait.

A 23 ans Jason laisse derrière lui une enfance et une adolescence difficiles. Aujourd’hui épanoui, cet ancien volontaire vient de terminer son parcours au centre EPIDE de Cambrai et d’entrer en formation avant de débuter un contrat de professionnalisation.

C’est dès son plus jeune âge que Jason fait face à la rupture familiale. « J’ai vécu une enfance pas forcément facile » se remémore-t-il. « Je n’ai plus de contact avec mes parents depuis que je suis tout petit, deux ou trois ans. J’ai connu les foyers et les familles d’accueil » confie-t-il.

Et les difficultés se poursuivent au cours de sa scolarité : « J’ai arrêté mes études en 2011, à 16 ans, après mon brevet. » Comme beaucoup de jeunes de son âge, Jason ne sait pas ce qu’il veut faire plus tard. « On m’a orienté vers un BEP Carrières sanitaires et sociales » regrette-t-il. « Les personnes ont pris cette décision pensant que je m’occuperais bien des petits… Je n’ai pas du tout aimé. Je n’étais pas assez patient avec les enfants. » Jason, qui ne se voit pas un jour travailler en crèche, arrête ses études. C’est le début de plusieurs années de galère pour le jeune homme.

Jason tente de trouver un travail et fait « quelques petits boulots » : pizzaïolo, restauration, préparateur de commande, etc. Mais rien ne fonctionne. « Je n’étais pas du tout motivé. Je m’embrouillais avec les chefs en plus » regrette-t-il aujourd’hui, avec le recul. A l’époque, il lui manque également un sésame essentiel pour travailler, le permis.

En 2017, Jason découvre l’EPIDE par le biais de l’une de ses amies, ancienne volontaire au centre EPIDE de Cambrai. Il se lance et intègre le dispositif le 21 juin 2017 pour y rester un an. Le 18 juin dernier Jason fait en effet ses adieux au centre. « Lors du dernier rassemblement, j’ai fait un discours devant les volontaires et les cadres. J’ai même pleuré » avoue-t-il. « J’ai eu du mal à m’en remettre après ce départ. Il m’a fallu une bonne semaine. »

Rebondir après un échec

Si le parcours de Jason est couronné de succès, celui-ci a toutefois connu quelques déconvenues. « Quand je suis arrivé à l’EPIDE, j’avais déjà une idée de projet professionnel. Je me suis dit pourquoi ne pas me lancer en tant qu’agent de sécurité » explique-t-il. « Ce métier m’attirait, je pensais que cela me conviendrait. » Soutenu par les agents du centre EPIDE, Jason effectue un premier stage de découverte dans ce secteur. « Je n’ai pas du tout aimé. Je ne voulais pas rester debout douze heures sans rien faire. Ce n’était pas intéressant » explique-t-il.

Jason en parle avec sa conseillère en insertion professionnelle, Delphine Bosquet et s’oriente vers un emploi qu’il connaît déjà un peu, préparateur de commande. « J’avais déjà exercé ce métier avant de découvrir l’EPIDE, mais je n’avais aucun des permis CACES (ndlr, Certificat d'aptitude à la conduite en sécurité). On a trouvé une formation directement à l’AFPA » se félicite-t-il. Une formation débutée mi-juin, et ce, jusqu’au trois août. « Ensuite, je dois effectuer un stage de deux semaines chez Auchan avant de débuter un contrat de professionnalisation sur neuf mois. »

« Avant l’EPIDE, il me manquait la motivation et la maturité. Ça a changé. Mais il me manquait aussi le permis de conduire. C’est chose faite grâce à l’EPIDE. J’ai pu passer mon code et mon permis ici ! » se réjouit le jeune homme.

25 kilos en moins

Au-delà de l’insertion professionnelle, l’EPIDE a aussi beaucoup apporté à Jason dans son quotidien. « Grâce à l’EPIDE, j’ai fait de nouvelles rencontres, j’ai découvert la cohésion, et j’ai appris à aimer le sport. » Et pour cause, en un an Jason a perdu plus de 25 kilos. « Je voulais perdre du poids depuis longtemps, mais je ne pensais pas que j’en perdrais autant. Le sport, au début, c’était compliqué. Mais les agents et les volontaires me motivaient. »

Une pratique quasi-quotidienne que Jason poursuit même après sa sortie de l’EPIDE : « Je suis toujours inscrit dans une salle de sport. Je fais du cardio, de la musculation, du cross-fit. En septembre, je dois aussi m’inscrire dans un club de foot en plus. »

Fier de son rôle d’ambassadeur, Jason promeut l’EPIDE à travers son expérience. « L’EPIDE a changé ma vie. Je leur dis tout simplement merci. Il ne faut vraiment pas hésiter à rejoindre l’EPIDE. Il faut saisir cette chance. Aujourd’hui, je suis fier de mon parcours. »