Des jeunes, acteurs de leur avenir

EPIDE vs COVID : comment les agents assurent l'accompagnement des volontaires

Après la fermeture des centres le printemps dernier, les agents de l’EPIDE ont fait preuve d’inventivité pour permettre aux volontaires  de poursuivre leur parcours. Deux agentes du centre d’Alençon nous racontent leur expérience et les enjeux de cette séquence intense dans l’histoire de l’établissement. Entre mesures sanitaires et conscience professionnelle, la continuité du dispositif EPIDE est une priorité !

« Adaptabilité ! », voilà un mot que l’on peut entendre à l’EPIDE actuellement. Un substantif un peu administratif qui dit beaucoup des contraintes qui pèsent sur l’établissement et l’ensemble des Français mais qui ne dit pas assez de l’engagement humain dans une période aussi complexe. Si chaque centre EPIDE est unique, les enjeux pour les agents sont les mêmes. Pour savoir ce qui se passe derrière leur remarquable capacité d’adaptation, nous avons écouté deux agentes du centre d’Alençon (dans l’Orne) via Teams bien sûr…

Pour Virginie Mayet, Chargée Insertion Professionnelle, responsable de l’élaboration du projet professionnel des volontaires de la section 4, un des atouts de l’EPIDE « c’est la pluridisciplinarité, travailler avec les CEC (voir ci-dessous) par exemple ! », sourit-elle en regardant par écran interposé Sandra Planchais. Conseillère en Education Citoyenne, Madame Planchais est à l’EPIDE depuis cinq ans, dont deux vécus en tant que monitrice. Comme tous les agents et les volontaires, elle avait subi la fermeture du centre lors du premier confinement. Fini les parties de rigolades entre collègues pendant les pauses, bienvenue dans l’univers désincarné des « visios » : « C’était brusque. Nous n’avions pas pu nous préparer au télétravail. L’objectif a été surtout de rester en contact avec les volontaires. »

L’alternance présentiel/à distance, une vraie réponse à la crise

La France entière en fait l’apprentissage. Ce n’était pas facile, surtout pour des métiers centrés sur les relations humaines, mais les outils numériques ont permis d’assurer une continuité inespérée, de trouver des solutions et mieux, de monter en compétences. L’EPIDE a appris de son expérience du printemps. Virginie Mayet confirme :

« Le deuxième confinement se déroule beaucoup mieux. Nous n’avons pas fermé le centre et nous travaillons en alternance une semaine sur deux sur place ou  en présentiel. Cela permet une organisation raisonnable : une semaine pour préparer les formations, assurer le suivi administratif des volontaires, les contacter et une semaine pour travailler avec eux. Cela ne suffit pas bien sûr mais c’est mieux pour tout le monde. »

Tout le monde n’a pas le même accès aux outils de communication numérique. Certains volontaires sont dans des zones blanches, certains n’ont pas d’ordinateur, idem pour les agents. « Dans ces conditions, il s’agit surtout d’aider les volontaires à respecter un planning, poursuit-elle. On prépare des exercices mais sans évaluer de la même façon et on ne va pas être exigeant de la même façon avec un jeune qui n’a qu’un vieux téléphone. Dernièrement j’ai eu un volontaire qui m’a dit qu’il n’arrivait pas à utiliser l’application Prépacode, alors je lui ai préparé des petites fiches à l’ancienne. Comme d’habitude finalement, nous faisons en fonction de chaque volontaire. »

Des pratiques innovantes émergent

Le parcours des volontaires de l’EPIDE est personnalisé mais la vie du centre est fondée sur la vie collective et le respect des règles de vie commune. Les jeunes qui ont rejoint l’EPIDE se sont engagés pour ce besoin de régularité. C’est plus compliqué en temps de confinement. On aurait même pu imaginer de nombreuses défections mais non : Sandra Planchais positive, à Alençon « les Volontaires sont tous revenus, c’est un bon signe ! ».

Dans cette configuration qui permet l’alternance et la continuité des activités, la réactivité et l’ingéniosité des agents a permis des pratiques innovantes qui se prolongeront peut-être ensuite : classes virtuelles et plateformes collaboratives notamment.

Il subsiste bien entendu des questions et quelques inquiétudes liées à la crise sanitaire : « Combien de temps allons-nous travailler ainsi ; comment assurer l’accompagnement nécessaire auprès des volontaires déjà touchés par le premier confinement et l’arrivée des nouveaux ? » Le souci des deux agentes du centre d’Alençon résume, malgré la situation, l’exigence et l’engagement partagé par l’ensemble de leurs collègues dans toute la France.

CONSULTER LA FICHE DU CENTRE ALENÇON et la page Facebook

À SAVOIR :

La feuille de route du volontaire :

Pour assurer la continuité pédagogique les agents préparent :

  • Une pochette individuelle avec tous les éléments permettant de préserver le contact (codes, contacts).
  • Des défis à réaliser (via des plateformes numériques ou non selon l’équipement de chacun).
  • Des appels téléphoniques matin et/ou après-midi.

La photo a été prise avant l’apparition du virus, « visite d’un plateau pédagogique des métiers de bouche » Mme Mayet à droite  et Mme Planchais à gauche photo face à vous.