Des jeunes, acteurs de leur avenir

Entre les vagues de 2020, l’EPIDE a gardé le cap

L’EPIDE a traversé 2020 comme les navigateurs du Vendée Globe affrontent les tempêtes sur les océans du globe. S’il est vrai qu’en temps de pandémie nous sommes tous sur un même bateau, la grande différence entre les volontaires, les agents et ces héros du grand large, c’est qu’ils ne sont pas seuls face à l’adversité. Malgré les difficultés, l’EPIDE a gardé le cap. Retour sur les temps forts d’une année étrange.

  • Le choc du premier confinement 

16 mars. Suite aux annonces du président de la République, l’EPIDE ferme ses portes :  “L’EPIDE est mobilisé et participe à l’effort national visant à limiter la propagation du coronavirus afin de protéger l’ensemble de la population et notamment ses volontaires et ses agents”, peut-on lire sur Facebook et sur le site internet. Toute l’activité est suspendue ou reportée. Le changement de situation est brutal pour tout le monde : volontaires obligés de quitter l’établissement et agents stoppés net dans leur accompagnement.  

« C’était brusque, raconte Sandra Planchais, Conseillère Education Citoyenne à Alençon. Nous n’avions pas pu nous préparer au télétravail. L’objectif a été surtout de rester en contact avec les volontaires. » Les centres étant souvent réquisitionnés pour loger d’autres victimes de la crise sanitaire, il faut trouver des solutions de logement pour certains jeunes. Et surtout, ass  urer un suivi pour qu’ils ne tournent pas trop en rond. 

Les services informatiques de l’EPIDE ont réussi à mettre en place tous les outils nécessaires à la sécurisation des échanges à distance. Les agents communiquent par email, par les applications de message (WhatsApp, Messenger) et via Teams pour les visio-conférences. Les problèmes de connexion existent, les volontaires ne sont pas toujours équipés pour échanger avec les conseillers mais l’essentiel est assuré. Mieux, les agents montent en compétence sur les sujets de communication en ligne. Sur les réseaux sociaux, ils s’improvisent en animateurs et ça marche plutôt bien : on se souvient encore de tous les "défis", des challenges sportifs de Cambrai et Lanrodec, des cours de code de Combrée, des énigmes de Lyon ou des tutos cuisine de Margny-lès-Compiègne !

[Retrouvez toutes les vidéos sur les pages Facebook de chaque centre]

  • Quand la vie reprend son cours

Avant la fin du premier confinement, les agents font la connaissance de Florence Gerard-Chalet, nommée directrice générale de l’EPIDE. Cette arrivée coïncide avec les bonnes nouvelles du gouvernement. Le déconfinement redonne du baume au cœur et les volontaires peuvent revenir.  La vie reprend ses droits au sens littéral comme au sens figuré. À Guingamp, deux volontaires sauvent la vie d’une femme de 62 ans. « Au-delà de votre formation en secourisme, il y a une qualité humaine, du sang-froid et la capacité de gérer l’imprévu. Vous pouvez être fiers de ce que vous avez donné », les mots du maire de Guingamp, Philippe Le Goff, sonnent justes aux oreilles de ceux qui connaissent les valeurs de l’EPIDE. 

À Belfort, Thibaut Guilluy, Haut-Commissaire à l'inclusion dans l'emploi, et Patrick Toulmet, Délégué interministériel au développement de l'apprentissage, encouragent les volontaires et saluent le travail de l’EPIDE : « C’est l’un des meilleurs dispositifs français pour les jeunes des quartiers qui n’ont plus les codes, qui n’ont plus d’objectifs. Après un passage à l’EPIDE, ils deviennent des battants.» 

[Retrouvez sur notre compte Instagram les photos des activités les plus marquantes suivi par les volontaires dans les centres ou en extérieur (quand cela était possible !)]

  • Garder le contact avec les volontaires pendant la deuxième vague 

Le temps de reprendre ses marques, de réaliser de nouvelles admissions prometteuses et le coronavirus revient en force. Peu après l'hommage rendu au professeur Samuel Paty par l'ensemble des centres, la situation sanitaire se dégrade et un deuxième confinement est imposé par le gouvernement. Cette fois-ci, l’EPIDE réagit différemment. Les leçons de la première vague ont été retenues. Pas question de fermer les centres, un accueil en alternance est mis en place : une semaine en présentiel, une autre à distance. Les centres s’adaptent. Cette fois-ci, on perd moins d’énergie que lors du premier confinement car les emplois du temps sont mieux établis. "Nous étions mieux préparés", confirme Virginie MayetOn sait mieux comment contacter les volontaires.
À distance, les agents les gardent en alerte tout en assurant le suivi pédagogique et administratif. Ce n’est pas idéal mais cela assure une continuité dynamique et les “sorties positives” (trouver un emploi ou une formation) des volontaires. 

  • Points Communs : faire le point et envisager l’avenir professionnel des volontaires avec les entreprises 

Les partenaires de l’EPIDE, associations, missions locales et entreprises subissent aussi la crise sanitaire. Dans cette situation, il est important de faire le point. Il faut d’abord écouter les volontaires pour savoir où ils en sont. Une enquête inédite auprès de près de 1000 d’entre eux souligne la confiance qu’ils portent dans les acteurs de l’emploi. Ballotés par la vie, ils souhaitent s'inscrire dans la durée et ne cèdent pas au fatalisme. Ce constat aura été le fil rouge de l’événement annuel “Points Communs” qui a réuni des chefs entreprises autour du dispositif. Proposé pour la première fois entièrement dans un mode numérique avec la collaboration de l’agence Reputation Squad, l'événement fait découvrir des parcours de volontaires exceptionnels (Kadidia, Ebrima) et ouvre des horizons de partenariats. 
[Revivez la soirée]

Isabelle Guichoux, Chargée de Relation avec les Entreprises au centre de Bourges-Osmoy, rappelle l’importance des échanges entre entreprises et les volontaires. Avec d’autres agents, elle a permis à certains volontaires d’assister à Points Communs grâce à une projection dans le centre même : “Les volontaires étaient concentrés. Dans le contexte actuel, c’est précieux d’écouter concrètement des recruteurs potentiels mais aussi de voir que des volontaires pouvaient s’exprimer.” 

  • 1Jeune1Solution.fr et le discours de la Ministre déléguée Elisabeth Moreno 

18 novembre. Le lendemain de “Points Communs”, où Thibaut Guilluy était revenu pour rappeler l’engagement de l’Etat et du Ministère du Travail, la plateforme 1jeune1solution.fr a été inaugurée. Elle regroupe tous les dispositifs d’aide, de mise en relation et d’accompagnement des jeunes, dont l’EPIDE.  
Près d’un mois plus tard, Elisabeth Moreno, Ministre déléguée à l’Egalité des Chances, de la diversité et de l’égalité entre les femmes et les hommes, est allée à la rencontre des volontaires du centre de Val-de-Reuil. Son discours fort restera comme un repère dans cette année déboussolée. 

  • Une escale pour les fêtes et l’EPIDE reprend sa route en 2021 

Si les navigateurs du Vendée Globe espèrent faire le tour du monde avant le printemps prochain, nous ne savons pas encore combien de vagues le coronavirus nous imposera. L’EPIDE fait une pause bien méritée pendant les fêtes mais se prépare pour une année 2021 riches en expériences pour les volontaires. Entourés et soutenus par des agents vigilants et engagés, ils sauront mener leur barque au grand large comme celles et ceux qui sont passés entre les gouttes en 2020 :  
 

Liste non-exhaustive de sorties positives ces dernières semaines :  

À Velet, Kevin ,de la promo de janvier 2020, est entré en POEC
(Préparation opérationnelle à l'emploi collective) organisée
par l'UIMM de Dijon du 30 novembre au 12 février 2021.
 

À Val-de-Reuil, Coralie a intégré une formation
en alternance pour préparer le CQP (Certificat de Qualification Professionnelle)
« Agent de propreté » proposée par le GEIQ Propreté Normandie.

 

À Lanrodec, Dafieni, section Armorique,
s’engage au 121e régiment du train (121e RT) de Montlhéry.
 

À Margny-lès-Compiègne, Sabri, volontaire de la section 2,
a signé un contrat de professionnalisation avec Auchan
en tant qu’employé de commerce option drive.
 

À Saint-Quentin, Steven (section 5), promo de Janvier 2020,
a intégré le 16/12 la base Aérienne d'Avord comme Technicien de l'Air.
 

À Combrée, Cathy a obtenu différentes certifications :
PIX, attestation Parcours Citoyen EPIDE (PCE), l'instruction incendie,
certificat prévention et secours civiques de niveau 1 PSC1
et elle intègre un emploi d'agent d'entretien à la régie de quartier d'Angers

 

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À Strasbourg, Sakara va effectuer son entrée en apprentissage
en tant que peintre en bâtiment après trois stages réussis.

 

 

JOYEUSES FÊTES À TOUTES ET À TOUS