Des jeunes, acteurs de leur avenir

Bonjour, je vous écoute. Comment puis-je vous aider ?

Depuis le confinement, Nathalie Husson, infirmière au centre EPIDE de Margny-lès-Compiègne (60) et Sabine Ledent, chargée du recrutement des volontaires au centre EPIDE de Saint-Quentin (02) sont, en plus de leur activité professionnelle, à l’écoute des personnes fragilisées sur une plateforme d’écoute psychologique.

Gratuite. Bienveillante. Anonyme. Trois mots qui rassurent et annoncent le soutien psychologique proposé par la plateforme téléphonique créé par l’association Ecoute et vous. Nathalie, membre actif de cette association, n’a pas hésité une seconde pour s’investir dans ce projet et a immédiatement pensé à associer sa collègue Sabine, sophrologue de formation.

Deux collègues, deux métiers, deux centres EPIDE

Nathalie et Sabine sont collègues, mais ne travaillent pas dans le même centre EPIDE. La première est infirmière et la seconde est chargée du recrutement des volontaires. Toutes deux vivent leur métier avec passion, et ce, toujours aux bénéfices des jeunes avant et pendant leur parcours d’insertion à l’EPIDE.

En 2017, nouvellement recrutées à l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi, elles se sont rencontrées au centre de Margny-lès-Compiègne. Elles ont collaboré durant six mois avant que Sabine intègre le centre EPIDE de Saint-Quentin. De cette amitié naissante, est né un projet d’ateliers pour les jeunes autour du lâcher-prise. Une complémentarité de pratique, le métier d’infirmière de Nathalie et celui de Sabine, sophrologue (son autre métier) qui apporte une aide supplémentaire à la levée des freins périphériques à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes.

« J’ai formé Nathalie sur les protocoles simples pour assurer la continuité des ateliers pour les jeunes. Il y a un vrai besoin pour la gestion des émotions, du stress, mais aussi pour aider à lutter contre les addictions. »

« Notre rôle est de rassurer. »

Depuis deux ans, Nathalie, infirmière au centre EPIDE de Margny-lès-Compiègne travaille en étroite collaboration avec Cécile Kinloch, fondatrice de l’association Ecoute et vous et qui intervient dans le centre pour des consultations individuelles ou en groupe auprès des volontaires. À l’annonce du confinement lié au COVID-19, le projet d’ouverture d’une plateforme d’écoute a rapidement été initié par les deux professionnelles de la santé. La plateforme a reçu son premier appel le 21 mars. Initialement prévu pour apporter un soutien aux soignants, le service a rapidement été ouvert à tous afin d’aider toute personne en situation d’isolement ou ayant besoin d’un soutien.

Soutenue par les collectivités territoriales et de nombreux partenaires tels que le SAMU Social, infos COVID ou encore les professionnels de santé, la plateforme est de plus en plus utilisée. De deux à trois appels reçus par jour, les bénévoles en reçoivent aujourd’hui plus d’une vingtaine. La durée de l’écoute varie entre 15 minutes à plus de 3 heures.

« Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une vraie souffrance liée au COVID-19, mais aussi face à l’isolement. Notre rôle, est avant tout de rassurer notre interlocuteur. Il est important de prendre le temps de l’écoute. Nous n’hésitons pas à laisser des blancs dans la discussion. »

Une plateforme qui réunit une vingtaine de professionnels, tous bénévoles et formés à l’accompagnement et l’écoute.

« Psychologues, Sages-femmes, infirmiers, kinésithérapeutes, etc. La plateforme est ouverte à tous et tente de répondre aux attentes de chacun. Elle est anonyme, même si parfois, nous pouvons, avec accord préalable, rappeler pour prendre des nouvelles. »

Une action en totale corrélation avec leur mission de tous les jours

En télétravail, toutes les deux, ce projet prolonge leur journée de travail. Pour Sabine, « c’était important pour moi de faire quelque chose. C’est un choix personnel qui est en totale corrélation avec mes missions à l’EPIDE. Cette action est complètement reliée aux valeurs que véhicule l’EPIDE. Nous sommes utiles. » Son métier de chargée de recrutement des volontaires, Sabine ne le délaisse pas pour autant. Au contraire, elle continue le suivi des jeunes qui devaient intégrer le centre de Saint-Quentin, garde contact avec les futurs volontaires et les rassure sur l’ouverture prochaine du centre.

« Ils se posent de questions ! Quand je les ai au téléphone, je les rassure. Ils ont besoin de se projeter dans l’avenir. Je leur explique en toute transparence pourquoi les dates d’admissions pourraient être repoussées. Ils savent que nous sommes toujours là pour eux. »

Sabine suit en moyenne cinquante jeunes qu’elle appelle chaque semaine et à qui elle envoie des messages. « Le recrutement des futurs volontaires continue. Les partenaires prescripteurs sont régulièrement informés par mail du suivi des candidatures et des jeunes déjà en parcours. »

Quant à Nathalie, son métier d’infirmière prend toute son importance auprès des volontaires. Il est difficile de suivre à distance ce qui relève de la santé et du bien-être.

« J’ai, dans un premier temps, porté une attention particulière aux jeunes pour lesquels on avait identifié des problèmes de santé. Les jeunes de l’EPIDE peuvent également faire appel à la plateforme. Je les informe sur ce qu’ils peuvent en attendre pour eux-mêmes et pour leurs proches. »


De chez elle, Nathalie est toujours au service des volontaires.

Nathalie et Sabine sont convaincues que la plateforme d’écoute va perdurer encore un temps. « Le confinement est angoissant et le déconfinement sera lui aussi difficile pour tous. Mais nous sommes là pour les volontaires et plus encore. »