Des jeunes, acteurs de leur avenir

Alexandre, engagé aux côtés des sapeurs-pompiers

Alexandre De Zutter est moniteur au centre EPIDE de Lyon-Meyzieu (69) et sapeur-pompier volontaire. Un engagement très différent de son activité professionnelle qui prend tout son sens dans la situation sanitaire exceptionnelle actuelle.

Tout comme Sylvia C, réserviste opérationnelle, Alexandre n’a pas hésité et s’est immédiatement engagé en tant que volontaire aux côtés des sapeurs-pompiers. Il nous raconte comment, malgré le confinement, il s’est mis à la disposition du Service départemental d’incendie et de secours des Yvelines (SDIS78) auquel il est rattaché.

Le sens du service public : moniteur à l’EPIDE et sapeur-pompier volontaire

Pour Alexandre, 2020 est liée à un changement de métier et de région. Il était, jusqu’alors, assistant de prévention Grand Paris Seine et Seine-et-Oise, spécialisé en risques professionnels dans les Yvelines. Fonctionnaire, il a intégré le centre EPIDE de Lyon-Meyzieu. Depuis le 1er février, il est moniteur. Il était encore en « apprentissage » au début du confinement.

« J’ai conscience de ne pas m’être encore complétement intégré dans l’équipe. Je garde le lien avec mes collègues et travaille avec eux au quotidien. Je regrette de ne pas pouvoir être au plus proche des volontaires que je ne connais pas encore suffisamment ».

Moniteur à l’EPIDE, c’est un métier de proximité avec les volontaires. Le moniteur participe à l’acquisition des savoir-être, de l’autonomie et de la citoyenneté. Au-delà, Alexandre encadre la vie collective des volontaires tout en suivant leurs activités et veillant à leur assiduité. Un rôle de proximité et de confiance devenu difficile à mettre en pratique avec l’éloignement physique.

De moniteur à volontaire dans un centre de secours

Dans le centre EPIDE, Alexandre est au service des volontaires alors que dans le centre de secours, son engagement prend une tout autre forme lorsque, sur son temps libre, il devient volontaire au service des citoyens. Engagé depuis 2011 comme sapeur-pompier volontaire, Alexandre vit sa passion. Face à la situation, il a rapidement proposé ses services.

« Cela a été un peu difficile au début pour s’organiser. À l’annonce du confinement, j’ai spontanément pensé à me mettre à disposition du Service départemental métropolitain d’incendie et de secours de Lyon et du Rhône (SDMIS 69). Mes démarches de référencement et mon transfert sont en cours. J’ai dû donc me rapprocher de mon ancien centre de secours à Gargenville. »

Il a fallu trouver des gardes correspondant à son temps libre et à l’éloignement géographique.

« À l’annonce du prolongement, je ne me voyais pas rester inactif, alors qu’il y avait un vrai besoin. »

Après une mise en route difficile, et l’assimilation des nouveaux protocoles sanitaires liés à la pandémie, Alexandre a pu effectuer sa première garde mi-avril, et ce, en accord avec la direction de l’EPIDE justifiant son déplacement sur une autre région.

Sur le terrain, il a pu constater que les interventions et les procédures des sapeurs-pompiers se sont adaptées aux conditions sanitaires liées au COVID-19.

« Au rassemblement, il y a une prise de température de tous et des règles sanitaires précises à respecter tels que le port de masque de protection durant la garde ou le nettoyage des mains obligatoire à l’aide de gels hydroalcooliques avant toute entrée dans le centre de secours. Durant la journée, en plus de la vérification des véhicules de secours, on désinfecte tous les locaux jusqu’aux poignées de portes afin d’éviter tout risque. »

Lors d’une intervention relevant d’une forte suspicion de COVID-19, Alexandre et le second équipier se sont équipés en conséquence et revêtu blouse, tablier, gant, capuche intégrée, lunettes, masque, et ce, afin d’exclure tout risque de contamination. Le conducteur doit dans le contexte actuel, rester au volant et éviter tout contact avec ses coéquipiers et le malade. Après la prise en charge du malade par un centre hospitalier, le retour au centre de secours, est lui aussi régi par des protocoles bien précis.

« Lors des interventions, mon coéquipier et moi-même, ayant été en contact avec le malade, devons rester à l’arrière du véhicule. Nous n’avons aucun contact avec le conducteur. Nous nettoyons ensuite l’ensemble du véhicule et nous nous changeons dans un espace de décontamination. »

Alexandre poursuivra ses gardes de 24 h en mai. Il a pris la décision de rester sur la région parisienne afin de limiter ses déplacements conformément aux directives sanitaires. Néanmoins, il continue le télétravail avec ses collègues de l’EPIDE en attendant la réouverture de son centre. Il a déjà pour projet, de partager avec les volontaires (de l’EPIDE cette fois) son expérience de sapeur-pompier et peut-être de susciter des vocations.