Des jeunes, acteurs de leur avenir

A Toulouse, les volontaires créent une mini-entreprise

Chaque année des centres EPIDE participent au concours de création de mini-entreprise porté par la fondation Entreprendre pour Apprendre. Cette année, ce sont près d’une trentaine de volontaires du centre EPIDE de Toulouse qui ont relevé le défi et lancé leur entreprise.

C’est un projet qui aura duré plus de six mois. Une trentaine de volontaires du centre EPIDE de Toulouse ont participé, pendant tout le premier semestre 2019, à la création d’une mini-entreprise. Les jeunes, tous âgés de 18 à 25 ans, et accompagnés par la fondation Entreprendre pour Apprendre, ont ainsi créé une SCOP, une société coopérative, dénommée « GOUNI ».

Objectif de celle-ci, recycler des sacs de riz pour les transformer en produits écologiques. Parmi ceux-ci, des trousses, des sacs ou des tapis de sol. Une démarche qui s’inscrit également dans une optique écologique en contribuant à la réduction des déchets.

Un projet mûrement réfléchi

Avant de lancer cette mini-entreprise, les volontaires ont tout d’abord réalisé une étude de marché auprès d’une centaine de personnes, par le biais d’un questionnaire. Une enquête, menée sur Toulouse, et qui a permis de confirmer la faisabilité du projet et la validation de ce thème, choisi par les jeunes parmi dix projets. Les volontaires ont ensuite collecté la matière première, les sacs de riz, auprès de restaurants et commerces asiatiques, avant de concevoir les différents modèles et débuter la production dans l’atelier de couture, « Lutins et cie ».

« Les volontaires se sont très vite intégrés dans la boutique, ils ont été très à l'écoute et ont fourni un travail formidable en si peu de temps. Ils ont appris à faire des accessoires : sacs, trousses, etc. » explique Christelle Sanchez couturière professionnelle. « J’ai bien senti l'esprit d'équipe, la motivation, le sourire et l'envie de réussir. Je suis très fière d'avoir travaillé avec eux. Ils ont prouvé que ce projet était réalisable » poursuit-elle. « Pour des personnes qui n'ont jamais touché à une machine à coudre, je pense qu'ils se sont étonnés eux-mêmes » conclut Christelle Sanchez.

Au-delà de cette réalisation manuelle, les jeunes ont ensuite réfléchi aux différents moments et points de vente pour leurs futurs produits recyclés. Parmi ceux-ci, des restaurants soutenant l’initiative des volontaires, la boutique de couture de Christelle Sanchez, durant une porte ouverte du centre EPIDE de Toulouse, ou encore directement sur les réseaux sociaux.

Les volontaires ont également pu présenter leur mini-entreprise lors du salon Entreprendre pour Apprendre (EPA), en mai dernier. Cette fédération d’association rassemble ainsi des acteurs du monde éducatif et des représentants du monde économique autour d’un objectif commun, développer l’esprit d’entreprendre des jeunes et ainsi contribuer à leur employabilité. Une journée très importante pour les volontaires puisqu’ils ont pu présenter leur projet à deux jurys.

Un véritable projet pédagogique

En participant à cette action, les jeunes ont développé de nombreuses compétences, utiles et transférables lors de leur future insertion sociale et professionnelle. Parmi celles-ci, les étapes de la création d’une entreprise, la mise en place de démarches auprès d'investisseurs, la réalisation de démarchages auprès de partenaires, la découverte des techniques de vente, de la prospection, de la production manuelle, etc. « On a appris à travailler avec des gens de l’extérieur. Le fait de créer une entreprise ça prend du temps, ça demande un investissement et beaucoup de travail. Si on décide de continuer ce projet, on souhaite améliorer les produits et leur style » explique Chaïma, volontaire au centre EPIDE de Toulouse.

Les volontaires ont aussi développé des compétences éducatives comme le travail en équipe, l’ouverture culturelle, ou encore le respect d'une démarche de préservation de l'environnement. Enfin, ce projet a nécessité des compétences informatiques permettant l’élaboration d'une enquête pour l'étude de marché, le traitement des données, mais aussi la présentation du projet à l'aide de l’outil PowerPoint. « Ce projet nous a permis de travailler en équipe et d’être créatif, de s’écouter, d’échanger, d’argumenter. Ce projet nous a appris à être plus responsables pour communiquer sur notre projet, ça nous a permis de voir comment créer une entreprise » détaille lui Ben Hiyardine. « Ça nous a donné des idées d’ouvrir une entreprise à Mayotte » poursuit-il.

Un soutien financier du projet par la FFB

Ce projet a reçu le soutien de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), partenaire du centre EPIDE, qui a ainsi alloué une subvention de 3000 euros. Cette somme a permis d’organiser plusieurs temps de cohésion avec les mini-entrepreneurs, mais également de reverser 1000 euros à l’association « Constance, la petite guerrière astronaute ». Une association locale sélectionnée par les volontaires et dont l’objectif est le soutien des parents dont les enfants sont atteints d’une leucémie.

Au final, les volontaires auront réalisé et vendu pas moins d’une quarantaine de produits. Et grâce à la subvention de la FFB, les ateliers de couture vont pouvoir se poursuivre directement au sein du centre pour tous les volontaires qui le souhaiteront, grâce à l’achat de deux machines à coudre et des fournitures nécessaires.