Des jeunes, acteurs de leur avenir

À l’EPIDE, Ayyoub n’est pas resté dans les cordes

Revenu au centre EPIDE de Lyon-Meyzieu pour raconter son parcours aux volontaires actuels, Ayyoub est un ancien volontaire combatif inspiré par son père boxeur et sa mère. De ses erreurs à son arrivée à la plomberie, son expérience est une leçon de détermination dans la période actuelle.

« Tous les jours, c’est un combat ! », Ayyoub a le regard vif et posé du boxeur aguerri et un sourire qui reste juvénile. Cet ancien volontaire du centre EPIDE de Lyon-Meyzieu est revenu en cette fin du mois d’août orageuse pour témoigner de son parcours aux volontaires actuels. Sur le ring de l’emploi, Ayyoub, fils d’un ancien boxeur professionnel, est en train de gagner son combat. Il a un contrat en alternance dans une entreprise de plomberie et avec les Compagnons du devoir le reste du temps. Avec ses mots, il dégage une belle énergie positive face à toutes les sections du centre. Il est venu leur dire ce qui s’était passé pour lui à l’EPIDE et leur rappeler que rien n’est facile, et qu’il faut apprendre à se relever, à ne pas laisser tomber même quand on est boxé par la vie.

Premier round : la décision

« Quand j’ai quitté le lycée, je ne faisais rien de mes journées, raconte Ayyoub. Je me sentais capable d’étudier mais je n’avais aucun projet. J’ai travaillé un peu à droite et à gauche. J’étais inscrit à la Mission Locale mais j’avais besoin d’un accompagnement plus poussé. Je me suis renseigné aussi pour la Garantie Jeunes mais ce n’était pas ça non plus. J’avais besoin d’un cadre pour mettre en place mon projet. »

La famille de Ayyoub s’inquiète de son inactivité. « Le déclic, c’est ma mère, se confie-t-il devant tous les volontaires. Un jour je l’ai vue pleurer parce qu’elle se demandait ce que j’allais devenir. Ce jour-là je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. »

Il découvre l’EPIDE après la journée d’appel : « Je ne voulais pas aller dans l’armée. On m’a proposé l’EPIDE et je me suis renseigné. Au départ, je voyais ça comme une prison : se lever tôt, tout le monde habillé de la même manière... Et puis je me suis habitué et j’ai compris que cela me convenait : mettre la même tenue, finalement c’est intéressant, on ne voit pas la différence entre les riches et les pauvres par exemple. »

Deuxième round : presque KO

« Au début, cela a été compliqué », convient Ayyoub. Il n’est pas loin du KO technique dès les premières semaines : une bagarre, une exclusion de quinze jours et une opération des dents de sagesse ! Le règlement de l’EPIDE est adapté mais strict. Si le volontaire ne respecte pas le cadre de vie, le contrat peut être rompu. Ayyoub ne peut assister à la commission de discipline en raison de son opération mais il ne baisse pas les bras : « Je voulais prouver que je voulais réussir, montrer ce que je valais vraiment. Pendant les quinze jours d’exclusion, j’ai cherché des emplois et des formations, j’ai contacté des entreprises et je suis resté en contact avec le centre.»

Troisième round : il enchaîne les bons gestes et s’épanouit

 Ayyoub se relève : « Il n’y a rien de facile dans la vie. On trouve toujours des obstacles. On a des doutes on a des craintes. Dormir à cinq dans les chambres, ce n’était pas facile au début. J'ai cette chance d'être sociable et je me suis adapté. »

 Un conseiller Education et Citoyenneté, Cédric Zajdowicz, a joué un rôle important dans cette phase d’acclimatation. Après les débuts très difficiles, le CEC lui a permis de s’épanouir.
 « On est repartis de zéro, se souvient Ayyoub. Je me suis engagé et tout a changé. Je suis devenu délégué, j’ai eu mon code, j’ai même reçu les félicitations du Préfet dans une lettre. J’étais fier. Ce n’est pas parce que l’on vient d’un quartier réputé difficile qu’on ne peut pas réussir. Mes parents étaient hyper contents. » Les bonnes relations nouées avec certains agents étaient perceptibles lors de son retour dans le centre.

 Dernier round : un peu de nostalgie et de nouveaux défis

 « Le jour où j’ai quitté l’EPIDE, se rappelle Ayyoub, j’ai eu comme un dégoût. » Lui qui avait failli quitter les lieux après quelques jours,   le voilà nostalgique ! « L’EPIDE, c'est ma deuxième famille. Au début on veut tous en sortir. Mais quand on s’implique, c’est fort. J’ai mis cinq mois pour comprendre ce que je pouvais réussir ici. Chacun sa durée. »

« J’ai vécu des moments forts avec les autres volontaires. Je me souviens de regarder la CAN (Coupe d’Afrique des Nations, événement sportif, ndlr)  avec eux le soir après nos journées bien remplies. On discutait, on écoutait de la musique. »

Aujourd’hui, il est en apprentissage : cinq semaines à Lyon, deux semaines à Marseille. Son premier objectif c’est la plomberie et une spécialisation dans la climatisation. Ensuite, développer un projet autour des énergies renouvelables et pourquoi pas être patron plus tard et créer sa propre entreprise : « On est tous pressé, conclut-il philosophe. Mais chacun sa patience. On a tous une durée de vie. Faut vivre ce qu'on aime. »
À l’EPIDE, on apprend à ne pas rester dans les cordes.

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julien.carrasco@epide.fr