Des jeunes, acteurs de leur avenir

A Alençon, l’EPIDE fait sortir les jeunes filles « invisibles » des quartiers

C’est le dénouement d’un long projet. Pendant trois jours, six volontaires féminines de l’EPIDE et six jeunes femmes des QPV ont participé à un séjour de cohésion organisé par le centre EPIDE d’Alençon. Au programme, activités sportives et ateliers d’information en vue d’une future insertion professionnelle.

Les invisibles. Un terme qui qualifie aujourd’hui les jeunes femmes habitantes au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Une population moins nombreuse à fréquenter les lieux d’accueil pour les jeunes et donc à bénéficier de l’accompagnement susceptible d’y être proposé.

Un constat partagé au sein du département de l’Orne, où les jeunes femmes ont plus de difficultés pour trouver un emploi ou un logement. Une jeune sur deux résidante dans ces quartiers n’a pas d’emploi. Moins investies dans la vie de leur quartier, ces jeunes sont invisibles aux yeux des associations, des institutions et des acteurs économiques.

Pour y remédier, le centre EPIDE d’Alençon, avec le soutien de la Préfecture de l’Orne, a lancé début 2018 un projet innovant. L’objectif, permettre à des jeunes femmes, entre 18 et 25 ans, et issues des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), et en situation d’isolement, de participer à un séjour de cohésion avec autant de jeunes femmes volontaires à l’EPIDE. Un séjour de cohésion qui s’est tenu du 11 au 14 septembre dernier, à la base de loisirs de Pont-d’Ouilly (14).

« L’objectif était de les faire sortir des quartiers pour les informer, leur proposer une ouverture, et les accompagner, à l’issue du séjour, dans la construction d’un projet » explique Viviane Le Thomas, directrice du centre EPIDE d’Alençon. Parmi celles-ci, Amandine, 19 ans, issue d’un quartier prioritaire de la ville de Flers (61) : « J’ai arrêté l’école en première. Ma formation ne me plaisait pas. L’on m’avait orienté vers un Bac pro cuisine, mais j’aurais préféré aller sur un CAP. C’était trop long pour moi ». Au total, ce sont six jeunes filles issues de différents QPV et six volontaires féminines de l’EPIDE qui y ont participé.

Développer un esprit de cohésion

Le but, favoriser entre elles des rencontres dans un environnement favorable à la discussion et à l'échange sur des thématiques comme l’emploi, la formation, la santé, etc. L’occasion aussi de favoriser et développer un esprit de cohésion entre les volontaires et les jeunes filles venant de l’extérieur.

Pour y parvenir, de nombreuses activités ont été organisées pendant ce séjour. Parmi celles-ci, des activités sportives comme le paddle, du tir à l’arc, de l’accrobranche, une course d’orientation, mais aussi des ateliers d’information sur l’insertion professionnelle, la gestion du budget, le droit des femmes ou encore sur la prévention des addictions. Un séjour très utile pour les jeunes femmes, dont Amandine : « J’ai beaucoup apprécié les ateliers. J’ai développé de nouvelles capacités, surtout sur la gestion de mon budget. Je suis beaucoup plus à l’aise avec l’argent maintenant ».

Des activités qui ont aussi permis aux agents de mesurer les capacités d’autonomie des jeunes filles ainsi que leurs aptitudes à intégrer une équipe dans le monde du travail, mais aussi, à participer à des actions collectives dans le cadre de la vie sociale.

Favoriser la confiance en soi

A travers les activités et l’esprit de cohésion qui est né durant le séjour, les agents de l’EPIDE ont favorisé le développement de la confiance en soi des jeunes femmes comme l’explique Camille Chenal, conseillère éducation et citoyenneté au centre EPIDE d’Alençon : « Nous étions là pour les motiver, les rassurer. Certaines jeunes filles avaient par exemple peur de l’eau lors de l’activité paddle. Elles ont dépassé ces peurs et pris confiance en elles pour participer pleinement à l’activité ».

Des jeunes femmes qui ont aussi su évoluer pendant le séjour. « Le changement a été très rapide. Elles se sont libérées et exprimées. Elles étaient plus à l’aise. A l’issue du séjour, toutes les jeunes filles nous ont dit la même chose : qu’elles avaient gagné confiance en elles et qu’elles avaient vécu un vrai dépassement de soi » détaille Camille Chenal. Un avis partagé par Yaren : « Ce séjour m’a beaucoup aidé à gagner en autonomie. Cela m’a aidé à être moins timide et à aller plus facilement vers les autres. J’aimerais beaucoup le refaire. »