Des jeunes, acteurs de leur avenir

Audrey Foucault

Monitrice au sein du centre EPIDE de Lanrodec

Quand êtes-vous arrivée à l’EPIDE ?

Je suis arrivée au centre EPIDE de Lanrodec en 2011, après avoir quitté la région parisienne où je travaillais dans une association de réinsertion sociale et professionnelle.

Quelles sont les raisons qui vous ont amené à choisir l’EPIDE ?

De formation d’éducatrice spécialisée, diplômée d’Etat, j’ai été très intéressée par le projet humaniste proposé par le dispositif de l’EPIDE et par sa mission d’insertion sociale et professionnelle à destination de jeunes adultes. L’EPIDE permet aux jeunes de bénéficier d’un accompagnement socioéducatif et pédagogique global et individualisé, s’attachant à lever les freins à l’autonomie en s’appuyant sur le principe que chacun possède des « qualités », des talents et du potentiel à mobiliser.

En quoi consiste votre emploi ?

Ma pratique éducative s’inscrit dans la prise en charge authentique des volontaires dans le but essentiel de les aider à améliorer leurs situations. Il s’agit bien de les aider à se doter d’une capacité à s’adapter aux exigences de la société et à se refuser au déterminisme individuel et social. En effet, pour que nous puissions accompagner les jeunes volontaires dans la construction de leur projet de vie, notre intervention s’effectue à différents axes de travail. Tout d’abord, sur un travail de (re)socialisation, mais aussi sur leurs savoirs (leurs connaissances intellectuelles et leurs expériences), sur leurs savoir-faire (c’est-à-dire leurs compétences et habiletés à employer l’expérience et les connaissances) et surtout sur leur savoir-être (amener les jeunes dans un processus de changement dans leurs attitudes et comportements, principalement dans l’acquisition d’une posture professionnelle).

Qu’est-ce que vous affectionnez le plus dans votre activité professionnelle ?

Je retrouve à l’EPIDE des valeurs semblables à mon éthique professionnelle. Ma fonction de monitrice-tutrice au sein du centre demande d’être entourée de partenaires pluridisciplinaires, chacun intervenant à son niveau, pour permettre une évolution et amélioration de la situation du volontaire dans sa globalité. J’apprécie également la relation avec les jeunes, le contact auprès de ce public et nos échanges permanents. Mon intervention se fait par l’accompagnement individualisé de certains volontaires et s’étend à l’ensemble des volontaires dans le partage et l’animation de la vie quotidienne. C’est cela qui m’attire.

Quelles sont éventuellement les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

L’EPIDE accueille un public dont les problématiques sont complexes et diversifiées. Dès lors, il est difficile d’estimer le temps de prise en charge qui permettra au volontaire d’acquérir une autonomie suffisante à son insertion sociale et professionnelle. D’autre part, là où notre métier peut parfois être compliqué, c’est qu’il requiert également de réussir à faire la part des choses entre vie professionnelle et vie familiale, « sinon je ramènerais tout le monde chez moi ! ».

Quelle est la plus belle réussite de volontaire dont vous avez été témoin et/ou acteur direct :

Dire qu’il existe une plus belle réussite qu’une autre ne serait pas honnête et représentatif. Tout d’abord, je ne considère pas les réussites comme les miennes mais comme l’accomplissement d’un travail d’équipe et le résultat d'une forte mobilisation des volontaires. Ensuite, car chaque volontaire accueilli a ses propres difficultés en lien avec son vécu, alors les actions mises en place sont différentes, leur durée et leur faisabilité également. Il est vrai que nous espérons pour chacun d’eux la possibilité d’une entrée en formation ou l’accès à un emploi. Pour la plupart, même ceux sortant du dispositif sans solution immédiate, on peut souvent remarquer des changements, qu’ils soient dans leur comportement, dans leur personnalité, dans leurs relations avec les autres. Donc, un passage à l’EPIDE n’est jamais inutile !

Commentaires libres :

En conclusion, j'ai la sensation d'exercer mon métier lorsque je mets des choses en place pour tenter de les soutenir, pas seulement quand mes actions ont été efficaces et quantifiables. Je peux affirmer que cela ne veut pas dire que notre travail ne portera pas ses fruits plus tard. Bien des expériences nous l’ont déjà démontré !

Date de publication : 05/02/2015