Des jeunes, acteurs de leur avenir

Un jeune sur deux a déjà renoncé à un emploi faute de moyen de transport

Un quart des Français aurait déjà renoncé à un travail ou à une formation faute de moyen pour se déplacer et près d’un sur cinq à un entretien d’embauche. Les jeunes sont parmi les plus touchés selon l’enquête révélée le 18 janvier par le Laboratoire de la mobilité inclusive et réalisée par Elabe.

Les difficultés de mobilité demeurent un obstacle majeur à l’accès à l’emploi en France. Les plus touchées restent les jeunes et les populations socialement les plus fragiles, selon le Laboratoire de la Mobilité Inclusive, think-thank créé à l’initiative du groupe Total et de l’association Wimoov, qui a publié mercredi 18 janvier les résultats de son enquête* « Mobilité et accès à l’emploi », réalisée par l’institut Elabe. L’objectif de cette nouvelle étude, mesurer l’impact de la mobilité dans l’insertion professionnelle.

Les jeunes très touchés par les difficultés de mobilité

Les jeunes apparaissent ainsi, d’après les données de l’enquête, comme les plus touchées par ces problèmes de mobilité pour accéder à l’emploi. 46% d’entre eux expliquent avoir déjà renoncé à un travail ou à une formation faute de moyen pour se déplacer. Les Français dans leur globalité, ne sont cette fois « plus que » 23%. Le taux explose à l’inverse jusqu’à 54% parmi les personnes socialement les plus fragiles, vivant dans un foyer avec moins de 1000 euros par mois.

L’enquête établit également que près d’un Français sur cinq (19%) déclare avoir déjà renoncé à se rendre à un entretien d’embauche ou dans une structure d’aide à la recherche d’emploi (type Pôle emploi) faute de moyen pour se déplacer. Un taux, encore une fois, beaucoup plus important parmi les populations les plus jeunes (43%) et socialement les plus fragiles (51% des personnes vivant dans un foyer avec moins de 1000 euros par mois).

Un enjeu « prioritaire » pour les pouvoirs publics

Pour aller plus loin, 43% des Français déclarent avoir des difficultés dans leurs déplacements quotidiens. 40% estiment même ne pas disposer d’un accès facile et rapide au réseau de transport local (métro, car, bus, tramway, réseau ferré local, …). Une perception qui explose chez les Français vivant en zones rurales (74%).

Concernant l’emploi, 86% des Français estiment finalement que les difficultés d’accès à la mobilité constituent un frein à l’emploi. « L’amélioration des capacités à se déplacer apparaît comme un levier majeur » dans la lutte contre le chômage, note le Laboratoire de la Mobilité Inclusive dans son étude.

« Il ne s’agit plus de s’interroger sur l’importance ou non de la mobilité, mais d’agir sur ses freins notamment pour les populations les plus jeunes et les plus fragiles qui sont les plus impactées par les difficultés de mobilité et d’accès à l’emploi », avance Damien Desjonquères, vice-président du Laboratoire de la Mobilité inclusive et responsable Mobilité inclusive du groupe Total. En effet, 8 Français sur 10 considèrent les questions de mobilité (transports et déplacement) comme un enjeu « prioritaire » ou « important » pour les pouvoirs publics.

*Enquête réalisée par l’institut Elabe du 5 au 9 décembre 2016 auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogé par Internet.

>> Pour aller plus loin : Les solutions du CAE pour améliorer l’insertion dans l’emploi des jeunes