Des jeunes, acteurs de leur avenir

Le manque de mobilité, un frein important à l’emploi en milieu rural

Le Conseil économique, social et environnemental a présenté le 11 janvier son rapport sur la place des jeunes dans les territoires ruraux. Accès à l’emploi, à la formation ou encore à la mobilité de ces jeunes y sont étudiés.

1,6 million de jeunes entre 15 et 25 ans vivent à la campagne. Mais quelles places pour ces jeunes dans les territoires ruraux ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre le Conseil économique, social et environnemental (CESE), suite à la demande formulée en juillet par Manuel Valls, alors Premier ministre. Un bilan* présenté ce mercredi 11 janvier à la presse.

Premier enseignement de cette étude, les jeunes vivants en milieu rural entrent plus tôt sur le marché du travail. Une tendance confirmée par le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et observation des conditions de vie), selon qui 59% des jeunes ruraux ont un emploi, contre 49% des jeunes urbains.

Des études plus courtes

Une différence qui s’explique par des études qui demeurent plus courtes à la campagne. Un jeune rural sur deux, choisit ainsi de s’orienter vers une voie professionnalisante dès la fin de la 3ème, contre seulement 40% des urbains. Les jeunes qui poursuivent au lycée et passent leur baccalauréat sont finalement 47% à préférer se tourner vers des études supérieures plus courtes (2 ans), en choisissant un DUT ou un BTS. Les jeunes urbains ne sont, dans ce cas, seulement plus que 38%. Au final, la part des diplômés en Master (BAC+5) et Doctorat (BAC+8) est deux fois plus faible à la campagne.

Un point semble toutefois positif dans cette étude. Le chômage des jeunes en zone rurale est plus faible que celui des urbains. Selon les chiffres de Pôle emploi, 25% des jeunes ruraux entre 18 et 24 ans sont sans emploi contre 27% des jeunes urbains. Pourtant, ce chiffre est révélateur d’un résultat bien plus négatif selon le CESE. Les jeunes sans emploi, mais aussi sans formation sont plus nombreux dans les milieux ruraux, 24,4% contre 20% en zone urbaine.

Accès à la mobilité et inégalité hommes-femmes

L’accès à la mobilité est pointé du doigt par l’étude du Conseil économique, social et environnemental. Selon le CESE, si les jeunes de la campagne sont plus nombreux sans emploi, mais aussi sans formation, c’est bien suite à des difficultés de mobilité.

Ainsi, après un CAP, 45% des jeunes qui ont obtenu un permis de conduire ont aussi un emploi. A l’inverse, ceux sans permis ne sont plus que 19% à travailler. Faute de moyens de transport, c’est même un jeune sur trois vivant en zone rurale qui n’a pas pu assister à un entretien. Des jeunes aussi moins enclins à se déplacer, puisqu’ils demeurent très attachés à leur territoire et « souhaitent pouvoir y vivre et y travailler » selon le CESE.

Finalement, le CESE note que les inégalités hommes-femmes sont encore plus fortes en milieu rural. Ainsi, près de 61% des demandeurs d’emploi de moins de 25 ans sont des femmes. Celles-ci sont également plus touchées par la précarité de l'emploi (temps partiels, interim, etc.) selon ces données.

Les propositions du CESE

Pour répondre à ces problématiques, le CESE avance plusieurs propositions :  

  • Créer une compétence « jeunesse » rendue obligatoire au sein de communautés de communes animant une politique jeunesse de territoire partagée ;
  • Mettre en place au sein de chaque bassin de vie une démarche de Campus ruraux de projets dédiée à l’accompagnement des jeunes dans leurs projets, en créant de la synergie entre les acteurs existants ;
  • Instaurer un pacte jeunes ruraux inscrit dans les contrats de ruralité, qui se déclinera autour de cinq thématiques : accès à la formation, au logement, à la santé, à la mobilité physique et égalité hommes-femmes.

 

*Enquête menée auprès de jeunes de 16 à 29 ans « dans des zones de faible densité et où certains services sont très éloignés ».