Des jeunes, acteurs de leur avenir

Un ancien volontaire moniteur à l’EPIDE

En février, un ancien volontaire du centre EPIDE de Montry a réintégré son ancien centre… comme moniteur. A 26 ans Alban Ngomatéké redécouvre l’EPIDE 9 ans après son départ.

« C’est un nouveau challenge, un retour à la maison ». Et pour cause, le 1er février dernier, Alban Ngomatéké a intégré le centre EPIDE de Montry comme moniteur, 9 ans après la fin de son parcours en tant que volontaire, dans le même centre.

« Je suis entré à l’EPIDE en 2008. Je venais tout juste de devenir majeur » explique le jeune homme d’aujourd’hui 26 ans. Alban, comme beaucoup de jeunes n’a pas connu un parcours facile avant son entrée à l’EPIDE.

Tout dérape

« Je suis arrivée à 13 ans de République centrafricaine. Je ne savais ni lire, ni écrire. J’étais analphabète. J’ai même dû rencontrer des orthophonistes » Alban est un battant. En une année, il rattrape une partie de son retard et débute une scolarité plus classique.

Pourtant, tout ne se poursuit pas comme il l’aurait espéré. En 3ème, à la fin du collège, tout dérape. « J’ai commencé à avoir des mauvaises fréquentations et je me suis peu à peu détaché de l’école. Je me suis retrouvé en BEP sans choisir cette voie. Je voulais à l’époque plutôt aller jusqu’au bac » regrette-t-il. Une orientation qui ne lui convient pas. Au bout d’un an en BEP électrotechnique, il abandonne.

L’EPIDE, un tremplin vers l’armée

Il décide alors de s’orienter vers l’armée. « Je me suis rapproché d’une mission locale pour trouver une formation dans l’attente de mes 18 ans. Mon projet professionnel, c’était de rentrer dans l’Armée de terre. Je n’avais pas de diplôme, pas les bases en français. Il me fallait une remise à niveau dans les savoirs de base » se souvient-il. C’est à cette occasion qu’Alban découvre l’EPIDE, à l’époque Établissement public d'insertion de la Défense. Un tremplin pour lui vers l’armée.

L’EPIDE pour lui, c’est une révélation. Il y passe son permis et différents diplômes. C’est aussi un avant-goût de l’armée grâce à l’inspiration militaire de l’établissement. « Je ne suis parti de rien. Je me suis énormément investi. L’EPIDE m’a vraiment donné un gros coup de pouce dans la vie » note Alban. Mais l’EPIDE lui apporte aussi « de l’assurance, de la motivation, et l’envie d’aller plus loin ».

« J’ai intégré à la fin de mon parcours le 126e Régiment d’Infanterie à Brive-la-Gaillarde. J’ai fait 6 années là-bas, jusqu’en février 2016 » note-t-il. Après sa carrière militaire, Alban suit pendant une année différentes formations liées à la sécurité.

Retour à l’EPIDE

Début 2017, il décide de recontacter son ancien cadre à l’EPIDE Didier Briard, en 2008 chef de section, aujourd’hui conseiller éducation citoyenneté. « J’ai décidé de postuler pour un emploi de moniteur. J’ai été pris. Il a fallu que je reprenne mes marques à l’EPIDE, qui a bien changé en 9 ans ! » s’étonne le jeune homme. « J’avais quand même un petit trac avant de retrouver d’anciens cadres que j’avais connus » avoue-t-il. « Mais jamais, quand j’étais volontaire, je ne me serais imaginé revenir comme cadre ! Cela ne m’avait jamais traversé l’esprit. »

Un parcours qui parle directement aux volontaires du centre EPIDE de Montry. « Ça leur apporte de la motivation. Il y a aussi plus de respect de leur part envers moi. Ils savent par quoi je suis passé et que je les comprends » explique-t-il. « Je me retrouve aussi un peu en eux, à mes débuts » conclut l’ancien volontaire, aujourd’hui moniteur.