Des jeunes, acteurs de leur avenir

Silence, moteur, ça tourne !

Le centre EPIDE de Cambrai a accueilli durant trois jours l’équipe de tournage La Vérité, si je mens ! Les débuts. Le centre EPIDE est (re)devenu la caserne Mortier le temps d’un bond dans le temps de près de 40 ans.

« Allez, allez, allez du nerf bande de molasse ! ». En ce lundi matin de septembre, c’est une réplique que les occupants du centre EPIDE de Cambrai n’ont pas l’habitude d’entendre. Et pourtant, c’est bien dans la cour du centre que vingt-quatre recrues, équipées de leur paquetage, courent en rond au son des invectives de l’adjudant Morretti, l’un des personnages du prochain volet de La Vérité, si je mens !. Une scène de cinéma, très éloignée du quotidien du centre, et qui a nécessité de nombreuses prises pour arriver à un résultat satisfaisant.

C’est pendant trois jours, fin septembre, qu’une vingtaine de volontaires sont ainsi retournés dans les années 80 pour devenir des appelés du service militaire. Il ne s’agit pourtant pas de projets professionnels militaire pour ces jeunes, mais bien d’un contrat de travail pour une vingtaine d’entre eux, devenus figurants pour les besoins d’un tournage, celui de La Vérité, si je mens ! Les débuts.

La caserne Mortier renoue avec sa première vocation

Début juin, le directeur du centre EPIDE de Cambrai, Philippe Cartignies, a été contacté par la production du film pour visiter le centre. En effet, le bâtiment qui accueille depuis 2008, des jeunes de 18 à 25 ans désirant suivre un parcours EPIDE, a été pendant de nombreuses années un centre de sélection du service national. Un lieu qui, au fil des années, n’a subi que très peu de modifications. Un décor qui a séduit la production pour ce quatrième volet de la saga La vérité, si je mens ! dont l’intrigue se déroule dans les années 80.

Pour les besoins du tournage, le centre a mis à disposition, hormis la cour et l’entrée du centre, des lieux inoccupés par l’EPIDE. Une semaine avant le début du tournage, l’équipe de décoration a récréé un dortoir, un bureau et des latrines dignes de l’époque.

Pour Philippe Cartignies, directeur du centre de Cambrai, l’intérêt porté par la production au site de l’EPIDE est une vraie opportunité : « Le cahier des charges m’est apparu parfaitement compatible avec le maintien des activités des volontaires. De plus, cela offrait aux jeunes une très belle découverte de l’envers du décor d’un tournage ». Mais bien au-delà de l’exploitation du lieu, il a rapidement été évoqué la possibilité d’associer les volontaires au tournage en tant que figurant. Une belle opportunité pour les volontaires avec, à la clé, un contrat de travail de figurant.

Un casting de cinéma, en vrai !

En amont d’un casting organisé dans la ville de Cambrai pour les passants et les parents des jeunes militaires, un casting a été organisé le 9 juillet au centre EPIDE de Cambrai. Tous les volontaires masculins (le service national n’étant en 1980 réservé qu’aux garçons, ndlr) ont été invités à postuler pour devenir figurant. Edith Fleury, la directrice de casting, a donc rencontré plusieurs candidats avec comme seul critère de sélection « ne pas faire trop année 2018 et pas assez 80’s ».

CASTING CINEMA
Pour le long métrage La vérité si je mens, les débuts ! réalisé par Gérard BITTON et Michel MUNZ et produit par Vertigo Productions, nous recherchons pour jouer des jeunes faisant leur service militaire dans les années 80 :
des hommes de 18 à 25 ans de toutes origines
 (Acceptant de se laisser pousser les cheveux et accepter qu’ils soient ensuite coupés par notre coiffeur selon les critères de l’époque)

Pour les intéressés, RDV lundi 9 juillet à 11h pour déposer sa candidature !

Extrait de l’annonce du casting dans le centre

Un casting qui s'est parfaitement déroulé et qui a permis à une vingtaine de jeunes d’être retenue. Deux volontaires ont même décroché une courte séquence avec quelques lignes de texte à jouer avec l'acteur principal !

La vérité… c’est un emploi !

Pour les volontaires retenus, ce tournage a été l’occasion de décrocher un petit contrat, avec à la clé une rémunération. Une véritable opportunité pour ces jeunes qui, pour certains, n’ont pas hésité à revenir au centre pour avoir une chance d’être sélectionnés pour le tournage alors que leur parcours était terminé.

Mais bien que le casting et le tournage aient eu lieu dans l’enceinte du centre EPIDE, les jeunes figurants étaient, le temps du tournage, salariés de la boite de production. Mi-juillet, c’est donc la directrice de casting qui a annoncé aux volontaires leur sélection et les a convoqués au centre pour les différentes séquences de tournage.

Comme pour toute prise de fonction professionnelle, il leur a été demandé de confirmer leur présence et d’accepter certains critères tels que de ne plus se couper les cheveux jusqu’au tournage ; d’accepter de se les faire couper tous au même niveau le jour J et d’être présent au centre EPIDE le lundi 24 septembre à sept heures. Autant d’éléments qui, dans le cas de non-respect de l'un des critères ou de non-réponse aux sollicitations, permettraient à d’autres personnes de les remplacer. Une façon pour les volontaires de comprendre qu’il s’agissait, ici, bien d’un emploi comme un autre et que le savoir-être développé à l’EPIDE pouvait aussi s’appliquer à l’industrie du cinéma.

Trois jours de tournage intenses

Si la première journée de tournage était très sportive, paquetage sur le dos à réaliser de nombreux tours de la cour, le second jour l’a été tout autant. Toute l’équipe s’est en effet déplacée dans un ancien champ de tir, reconstitué pour l’occasion en parcours du combattant. Après avoir à nouveau couru, les figurants ont donc rampé, escaladé, franchi des obstacles et cela toujours lors de nombreuses prises de vues pour arriver à un résultat satisfaisant pour la réalisatrice. Le dernier jour a finalement été plus « reposant » avec une scène tournée dans le dortoir recréé par les décorateurs de la production.

Une expérience sportive, mais unique pour tous les volontaires, figurants ou non, qui ont pu découvrir les coulisses du tournage d’un film et l’exigence du métier d’acteur.