Des jeunes, acteurs de leur avenir

Romain, ancien volontaire et DJ depuis un an

A 22 ans, Romain est depuis un an DJ en boite de nuit. Cet ancien volontaire, passionné de musique, a su défendre cette passion pour en faire son métier. Un projet professionnel pour lequel il a été soutenu par les agents et les volontaires du centre EPIDE de Belfort.

DJ. Un métier qui fait rêver de nombreux jeunes fans de musique électronique. Un métier très atypique qu’exerce depuis plus d’un an Romain, ancien volontaire du centre EPIDE de Belfort.

Cet emploi, c’est avant tout une passion pour le jeune homme de 22 ans. « Depuis tout petit, j’avais cette passion de l’animation qui m’a été transmise par mon père. C’est ce qui fait que j’ai voulu devenir DJ en grandissant. Adolescent je mixais déjà lors de soirées entre amis ». Romain, qui se forme sur le terrain, parvient même à décrocher quelques missions d’animation avant de découvrir l’EPIDE : « Je mixais dans un bar ambiance. Mais je gagnais à peine 600 euros par mois. Ce n’était pas assez pour vivre. »

Et pour cause, le jeune homme vit à l’époque une situation difficile après un échec scolaire : « J’ai fait une seconde électrotechnique qui ne m’a pas du tout plu. J’avais un CAP boulanger, mais mon ancien patron m’a écœuré du métier ». S’en suivent deux années très difficiles pour Romain : « J’ai eu des différends familiaux. Je me suis retrouvé à la porte, puis en colocation. Mais cela s’est mal passé. J’ai fini à la rue » regrette-t-il. « J’ai passé six mois en foyer d’hébergement d’urgence. C’est là que j’ai appris la vie en collectivité » se souvient Romain.

« J’étais volontaire la semaine et DJ le week-end »

Romain, qui souhaite s’en sortir, découvre l’EPIDE grâce à la mission locale. « Mon père est un ancien gendarme. Le cadre d’inspiration militaire m’a tout de suite attiré ! En plus, j’avais pour projet de devenir légionnaire. » Alors que ce projet professionnel lui tient à cœur, il commence en même temps qu’il intègre l’EPIDE, à mixer le week-end pour une série d’événements. « Je passais la semaine à l’EPIDE et les vendredis et samedis soirs, et parfois même le dimanche jusqu’à 3h du matin, j’étais DJ » explique-t-il. « C’étaient deux rythmes très différents, et très intensifs. A l’EPIDE je me levais à 6 heures du matin pour me coucher à 22 heures, alors que pour ce travail je me couchais à 6 heures du matin cette fois. »

Romain tient pourtant ce rythme pendant les premiers mois à l’EPIDE jusqu’à la fin de son engagement. Pendant ces quelques mois, le jeune homme est poussé à faire de sa passion son métier. « Mon CIP m’a vraiment soutenu. Il m’a aidé et j’ai même pu m’entraîner à mixer pendant une à deux heures à l’EPIDE, chaque jour, dans une salle qui m’était réservée. » Un soutien apporté aussi par ses camarades. « Les autres volontaires m’ont aussi toujours soutenu. Ils venaient écouter ma musique quand je mixais. J’ai aussi pu réaliser quelques animations dans le centre le soir. »

« Je ne regrette vraiment pas. Si j’avais l’opportunité de refaire un parcours à l’EPIDE, je le referais. » Romain, DJ et ancien volontaire.

« Quand on a la motivation et la volonté on peut toujours y arriver »

En octobre 2016, après huit mois passés dans le centre, le travail de Romain paie finalement. « Un patron de discothèque m’a contacté directement et m’a proposé un CDI ! » se réjouit-il. « A la fin de mon parcours, l’EPIDE a continué à m’aider. J’ai été accompagné pour trouver un logement, réaliser toutes les démarches administratives, et trouver des garants. J’ai aussi passé mon code. »

L’EPIDE a aussi permis à Romain d’évoluer. « L’EPIDE m’a inculqué des valeurs comme le partage. Cela m’a aussi permis de me calmer, de mûrir et de me préparer au monde du travail. » Un parcours qui l’a aussi rapproché de son père : « Il est fier de mon parcours, il me le dit. Il est fier de dire que je suis son fils aujourd’hui. C’est un rêve qui s’est réalisé ».

« Aujourd’hui, j’ai changé de boite de nuit, mais je suis devenu DJ résident, en CDI toujours. J’aimerais devenir DJ en festivals aussi dans le futur et partager mes sons en maison de disques afin de gagner en notoriété » conclut-il.