Des jeunes, acteurs de leur avenir

Portrait. Un volontaire reçoit le prix 2017 de la Société des Membres de la Légion d’Honneur

Le 10 juin, El-Amir, volontaire au sein du centre EPIDE de Bourges-Osmoy a reçu le prix 2017 de la Société des Membres de la Légion d’Honneur. Une distinction qui vient le récompenser de sa motivation et pour l’ensemble des actions menées tout au long de son parcours, des Comores à Bourges.

« C’était compliqué de vivre séparer de mes enfants et de ma femme. Mais je sais que c’est pour eux que je fais tout ça ». A 20 ans, El-Amir termine son parcours à l’EPIDE débuté 8 mois plutôt, en octobre 2016.

Une nouvelle aventure va bientôt commencer pour le jeune homme né aux Comores. Fin 2015, il décide de rejoindre sa femme et ses deux enfants en Métropole, à Bourges. « J’ai arrêté l’école en seconde à Mayotte » explique-t-il. « Je n’arrivais plus à suivre avec l’arrivée prochaine de mon second enfant ».

Sans diplôme, il tente de trouver un emploi, sans succès. Il suit même une formation de deux mois dans les métiers du bâtiment. C’est alors que des amis lui parlent de l’EPIDE, l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi. Il n’hésite pas et s’inscrit pour rejoindre le centre EPIDE de Bourges-Osmoy : « C’était un pari sur l’avenir » note le volontaire. Les débuts sont toutefois difficiles. « J’avais des grosses lacunes en français et en maths. J’ai évolué petit à petit. » . Son travail sérieux lui permet de fortement progresser, enregistrant la meilleure progression au sein de son groupe.

Un volontaire engagé

Au fur et à mesure des semaines, il affine son projet professionnel d’animateur social. « J’aime bien partager ce que je sais faire, aider les jeunes ». C’est même une vocation pour El-Amir qui a créé et dirigé une association à Mayotte, dont le rôle était d’éviter que des jeunes ne tombent dans la délinquance. « J’étais président de l’Association Génération Mayecha. Nous étions 15 au début ; aujourd’hui, elle s’est beaucoup développée et a bien grandi. Je réalisais des films pour l’association, des courts-métrages sur le parcours de jeunes tombés dans la délinquance. Les films étaient ensuite diffusés sur une télévision locale » se souvient le jeune homme.

Une expérience utile pour son projet professionnel, qui se heurte toutefois à un obstacle, le BAFA. Ce diplôme, systématiquement demandé pour travailler comme animateur, El-Amir ne le possède pas. En concertation avec son conseiller en insertion professionnelle à l’EPIDE, il décide de se réorienter vers la mécanique automobile. Un choix payant. « J’ai passé un test au CFA de Bourges sur de la mécanique. J’aimais déjà beaucoup bricoler des voitures par le passé. » Il découvre ce milieu professionnel pendant 15 jours, en stage dans un garage. « Ça c’est très bien passé et j’ai pu valider mon projet. J’étais très déçu de finir mon stage. Je voulais absolument continuer » regrette-t-il.

« Je suis quelqu’un de méritant, de sérieux, qui se bat pour réussir » El-Amir, volontaire au sein du centre EPIDE de Bourges-Osmoy.

Une volonté respectée, puisque le 3 juillet El-Amir doit débuter un contrat d’apprentissage comme mécanicien automobile au sein de la société Feu Vert, à Bourges. Un contrat en alternance au sein d’un CFA qui lui permettra de se former à son nouveau métier.

Un parcours récompensé

Ce parcours exemplaire est ainsi vanté par les agents de l’EPIDE l’ayant encadré. Son sens de la participation et de la responsabilité, ainsi que l'aide qu'il a pu apporter spontanément à des personnes handicapées ou à certains de ses camarades au sein de l’EPIDE, l'on fait remarquer de ses formateurs et des membres de la Société des Membres de la Légion d’Honneur à qui son nom a été proposé par l’EPIDE.

El-Amir est ainsi mis à l’honneur le 10 juin 2017, en recevant le prix 2017 de la Société des Membres de la Légion d’Honneur du Cher et un chèque de 500 euros. « Je suis fier de ce prix et ma famille aussi. Je sais que cela sera, en plus, utile sur mon CV. L’aide financière m’a quant à elle permis de rembourser différentes dettes, de payer mes factures et surtout d’acheter des cadeaux pour mes enfants » témoigne le volontaire.

« L’EPIDE m’a beaucoup apporté. C’est un lieu qui aide vraiment les jeunes en difficultés. On ne nous lâche pas, on nous accompagne jusqu’au bout, jusqu’à ce que l’on ait un travail ou une formation. Mais c’est aussi à nous, les jeunes, de montrer ce que l’on veut » conclut-il.