Des jeunes, acteurs de leur avenir

Nathalie Hanet, directrice générale de l’EPIDE, renouvelée à son poste

Nathalie Hanet, directrice générale de l’EPIDE, vient d’être renouvelée à la tête de l’établissement. Nommée par décret du Président de la République pour trois nouvelles années, elle revient dans cette interview sur son premier mandat et les perspectives de l’Etablissement.

Quel bilan faites-vous de votre action après la fin de ce premier mandat comme directrice générale de l’EPIDE ?

Nathalie Hanet : "Je souhaite avant tout saluer l’engagement de chacun des agents de l’EPIDE, qu’ils exercent dans les centres ou à la direction générale. Nous avons conduit, tous ensemble, d’importantes transformations, allant même au-delà de la lettre de mission qui m’avait été confiée à ma nomination en octobre 2014.

Nous avons augmenté les capacités d’accueil des centres de façon importante. Dans un premier temps, entre juin 2015 et juin 2016, nous avons créé 570 nouvelles places soit une croissance de 27% en un an. Nous avons conduit parallèlement les travaux visant la création d’un centre à Toulouse. Jusqu’à avril 2017 et l’ouverture du centre toulousain, l’EPIDE faisait défaut en région Occitanie.  En juin 2018, date à laquelle le centre finalisera sa montée en puissance, l’EPIDE disposera de 2805 places contre 2085 lorsque j’ai pris mes fonctions. Cela représente une augmentation de 35% de ses capacités d’accueil.

Tout en réalisant cette croissance, l’établissement s’est profondément transformé. Nous avons repensé notre offre de service. Grâce au concours de l’ensemble des agents, qui ont été associés aux travaux, nos pratiques se sont professionnalisées et homogénéisées. Le projet pédagogique de l’EPIDE et les référentiels métiers qui le déclinent nous permettent d’œuvrer, avec un niveau d’exigence partagé, à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Pour accompagner, ces transformations, nous avons mis en place une nouvelle organisation du travail dans les centres et à la direction générale. Nous développons progressivement une culture managériale adaptée à la mission de l’établissement, comme à l’encadrement d’équipes composées d’agents provenant d’univers professionnels très différents.

D’un point de vue financier, enfin, l’EPIDE a optimisé les moyens qui lui sont dévolus. A compter de 2016, ce sont six millions d’euros d’économies structurelles annuelles qui ont été réalisées. Ces efforts sont soutenus par le pilotage opérationnel de l’activité des centres et le pilotage stratégique de leurs évolutions, qui ont été structurés.

Ces transformations commencent à produire leurs effets sur les résultats opérationnels de l’établissement. En 2016, ce sont 52,2% des volontaires sortis de l’établissement qui ont obtenu un emploi ou une formation qualifiante contre 50% en 2015, tout en resserrant le recrutement sur les jeunes les plus vulnérables au regard de leur niveau d’étude. 40% des jeunes entrés en 2016 avaient quitté le collège ou leur formation au CAP sans l’obtenir. Ils étaient 37% en 2015."

Quelle orientation souhaitez-vous maintenant donner à l’EPIDE pour les trois prochaines années ? Quels sont les projets et travaux en cours ?

Nathalie Hanet : "L’augmentation des capacités d’accueil de l’EPIDE se poursuit avec la future ouverture du centre EPIDE de La Grand’Combe, près d’Alès, début 2019. L’ouverture du 20ème centre portera la capacité d’accueil de l’EPIDE à 2955 places, soit une croissance de 41 % depuis 2014.

Ce nouveau centre s’inscrit dans les ambitions de notre prochain contrat d’objectif et de performances (COP), que nous négocions actuellement avec nos tutelles. Aussi, la proposition de l’établissement pour le COP 2018-2021 consiste-t-elle principalement à consolider et approfondir les transformations engagées. Nous souhaitons proposer une offre de service toujours plus performante au service des volontaires et ce sur un territoire étendu. Il s’agira, notamment, d’améliorer encore l’autonomie et l’employabilité de ces jeunes. Le travail sur la mobilité et l’accompagnement sanitaire et social vont être renforcés. Avec le concours de la communauté managériale et des organisations syndicales, nous renforcerons encore le management et le dialogue social, deux leviers de progrès clés pour l’établissement. Je souhaite en particulier qu’un plan d’amélioration de la qualité de vie au travail soit élaboré et mis en œuvre sur la période.

L’ambition du prochain COP doit enfin être étendue aux fonctions supports, qui contribuent à la qualité de l’accompagnement proposé aux volontaires. Il nous faut adapter notre infrastructure aux défis de l’établissement dont l’activité a significativement augmenté."

Quel sentiment vous inspire ce renouvellement à l’EPIDE ?

Nathalie Hanet : "En rejoignant l’EPIDE, j’ai adhéré à son projet et choisi le challenge qui m’était proposé de redynamiser ce bel établissement, en lui redonnant une stratégie. C’est, je pense, chose faite aujourd’hui. Mon renouvellement marque la confiance du nouvel exécutif dans les transformations que nous avons conduites. C’est une belle reconnaissance du travail que nous avons engagé avec l’ensemble des agents de l’EPIDE.

Il nous faut continuer d’avancer, forts de cette confiance et dans un contexte favorable à l’aboutissement de nos projets. Je pense notamment au Grand plan d’investissement 2018-2022. L’EPIDE contribuera activement à l’édification d’une société de compétences. Aux côtés de nos partenaires des Écoles de la deuxième chance, et conformément aux annonces du Premier ministre, nous mettrons tout en œuvre pour assurer l’insertion durable des décrocheurs dans l’emploi."