Des jeunes, acteurs de leur avenir

« L’EPIDE nous a aidés à construire notre vie »

Ibrahima, brancardier, et Julie, hôtesse de caisse, reviennent sur leur parcours au centre EPIDE de Bourges-Osmoy (18), où ils se sont rencontrés. Avec leurs trois enfants, qu’ils ont tous présentés aux agents du centre, ils forment aujourd’hui une famille. Portraits.

Il y a 8 ans, deux jeunes âgés de 19 et 18 ans rejoignaient les deux premières promotions du centre EPIDE de Bourges-Osmoy, l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi. Ces deux jeunes gens  vivent aujourd’hui ensemble. A 27 ans, Julie est  hôtesse de caisse. Son compagnon, Ibrahima, brancardier à l’hôpital de Bourges.

Tous deux se sont rencontrés lors de leur parcours à l’EPIDE. « On s’est mis en couple un mois après que je sois rentrée sur le centre » se rappelle Julie. Une relation, à l’époque, compliquée à vivre sur le centre. « On s’est tout de suite installé ensemble à la sortie, dans notre premier appartement à tous les deux » se remémore la jeune femme, aujourd’hui maman de trois enfants de 7 ans, 3 ans et un an.

L’EPIDE pour rebondir

Julie découvre l’EPIDE à 18 ans, lors de sa Journée d'appel de préparation à la défense  (aujourd’hui Journée défense et citoyenneté, ndlr). « Je n’avais rien en vue. Je n’avais pas de diplôme et j’étais déscolarisée. Je me suis dit, pourquoi rester à ne rien faire ? ». Après avoir abandonné le lycée en classe de seconde, elle se lance dans un CAP Petite enfance en alternance. Un nouvel échec pour la future volontaire, qui ne mène pas ce projet à terme.

« Je suis restée un an sans rien. J’avais envie de faire quelque chose de ma vie » confie-t-elle. Une situation qui la motive à rejoindre l’EPIDE en septembre 2008. Ibrahima suit, quant à lui, un parcours très différent. Sénégalais, il arrive en France à 15 ans à Orléans, où il rejoint de la famille. L’EPIDE, il le découvre cette fois via la mission locale. Un tremplin pour le jeune homme, qui intègre le centre de Bourges-Osmoy pendant l’été 2008.

Pour Julie, la vie en collectivité est une habitude. « J’avais déjà passé trois ans en internat entre le collège et le lycée » explique-t-elle. Pour Ibrahima, s’habituer au cadre d’inspiration militaire est plus compliqué : « Au début, c’était dur. Puis c’est devenu la routine » concède-t-il. « La vie à l’EPIDE m’a apporté beaucoup de choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout. La ponctualité, se réveiller tôt le matin, etc. » explique le jeune papa de 28 ans.

Changement de projets

Pendant leur parcours à l’EPIDE, ils développent tous les deux leur projet professionnel. Dans un premier temps, Julie préfère retenter sa chance dans le secteur de la petite enfance. « C’était assez compliqué et même impossible sur Bourges. Il n’y avait pas de formation proposée. Et puis, retourner à l’école m’effrayait un peu ».

Julie choisit donc de changer de projet professionnel et de s’orienter vers la vente, comme son compagnon. Tous deux effectuent un mois de stage dans ce secteur qui les attire. Pourtant, Ibrahima se voit proposer une opportunité, à Bourges, comme brancardier. Il hésite, mais décide d’effectuer un essai. Celui-ci est concluant. « Le contact me plaît dans ce métier » explique-t-il. Toujours au même poste aujourd’hui, en CDI, Ibrahima espère maintenant évoluer au poste d’aide-soignant. Un nouvel emploi pour lequel il vient d’effectuer un « stage inter-service ». 

« C’est grâce à l’EPIDE qu'on en est là aujourd’hui » Julie, ancienne volontaire du centre EPIDE de Bourges-Osmoy.

En avril 2009, Ibrahima et Julie finissent ensemble leurs parcours EPIDE. Ibrahima, comme brancardier donc, et Julie en contrat de professionnalisation pendant 6 mois en poissonnerie à Carrefour. « J’ai enchaîné quelques expériences dans la vente, entrecoupées par mes grossesses, avant d’entrer à Grand Frais. J’y suis maintenant hôtesse de caisse depuis deux ans et demi. J’y ai même obtenu de nouvelles responsabilités » note-t-elle.

« Je n’avais plus rien. Je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie. Grâce à l’EPIDE j’ai su ce que je voulais faire. J’en suis sortie avec mon permis de conduire et avec mon compagnon. L’EPIDE m’a aidée à me retrouver et m’a motivée à retourner dans la vie active » témoigne, reconnaissante, Julie. « Ibrahima, lui, ça l’a aidé à s’en sortir et à s’intégrer. Il a même passé le CFG (certificat de formation générale, ndlr) ».

Une expérience tellement bénéfique pour le couple, qu’ils continuent à rendre visite à leurs anciens cadres à l’EPIDE. « Nous sommes restés en bons termes avec les moniteurs et les CEC (Conseiller éducation citoyenneté, ndlr). On apprécie le personnel encadrant. Du coup, on y retourne de temps en temps » expliquent-ils. « Et puis, on a quand même un peu de nostalgie quand on retourne dans le centre, sachant qu’on s’est rencontré là-bas. On en garde un bon souvenir » conclut Julie.