Des jeunes, acteurs de leur avenir

« L’EPIDE m’a sauvé la vie »

A 22 ans, Malo est aujourd’hui paysagiste, en CDI. Pourtant, cet ancien volontaire du centre EPIDE de Lanrodec a traversé, pendant quatre années, une période très difficile avant d’intégrer l’EPIDE.

« Je suis tombé dans la décadence, je ne faisais plus rien de mes journées. Je n'essayais pas de m’en sortir. » C’est un constat amer que fait aujourd’hui Malo, 22 ans, sur les quatre années qui ont fait suite à son décrochage scolaire, après la troisième. « De 16 à 20 ans, je ne faisais absolument plus rien » détaille-t-il.

Comme beaucoup de jeunes, Malo est perdu et ne sait pas ce qu’il veut faire comme métier. « Je ne me plaisais pas du tout dans le système scolaire. J’étais complètement perdu, je ne savais pas ce que j’aimais. En classe de troisième, je ne savais pas quoi répondre quand on me demandait ce que je voulais faire dans la vie » se rappelle-t-il.

Une situation qui le pousse à arrêter sa scolarité, lorsqu’il entre en seconde, et à prendre de mauvaises décisions. « J’ai un peu mal tourné après ça. Comme je n’avais rien à faire, j’ai fini par m’occuper par tous les moyens. J’ai commencé à avoir de mauvaises fréquentations, à trainer avec les mauvaises personnes » se souvient Malo. Cette période le voit aussi s’éloigner de ses parents. « Ils ne savaient pas comment faire pour m’aider. Quand ils m’en parlaient, je me braquais directement. Je devenais froid, je ne répondais plus. J’étais complétement dépressif » regrette le jeune homme.

« Je n’avais pas la volonté de m’en sortir. Tant que j’étais chez moi, moins j’en faisais, moins j’avais envie d’en faire. » Malo, ancien volontaire du centre EPIDE de Lanrodec.

Malo tente quand même de trouver des stages, mais sans succès. « Personne ne voulait de moi pour travailler. Je ne mettais pas de bonne volonté dans les stages que j’obtenais. Je ne donnais pas confiance aux employeurs » explique-t-il. « Je ne savais pas comment m’en sortir. » Malo tente quand même, au bout de quatre ans, de faire évoluer cette situation. « J’ai décidé de m’éloigner des personnes avec qui je traînais. J’ai réalisé que ce n’était pas fait pour moi. » Un premier pas qui sera décisif pour lui.

« Je suis arrivé à l’EPIDE, dans une optique de changement »

Ses parents continuent toutefois d’essayer de l’aider. Sa mère, qui entend parler de l’EPIDE, lui présente le dispositif. Malo accepte immédiatement de s’y inscrire, en avril 2016. « Je suis entré à l’EPIDE avec une optique de changement immédiate » explique-t-il.

« J’avais besoin de rigueur. L’EPIDE était parfait pour moi » constate-t-il. « Ce parcours allait me redonner une discipline de vie. Avant, je me levais à 15 heures tous les jours ! » note Malo. « Chez moi, cela manquait de discipline. Mes parents étaient trop gentils. »

L’entrée à l’EPIDE est une révélation pour Malo, qui respire enfin. « Cela s’est très bien passé. J’étais à l’aise tout de suite. Une relation de confiance s’est installée très rapidement. » Un début de parcours réussi qui augure d’une suite prometteuse. « L’EPIDE était très pédagogue. Les agents ont su me redonner confiance en moi, des connaissances, une discipline de vie. Ça m’a apporté beaucoup de choses. J’ai appris que je pouvais être quelqu’un d’autre, tout simplement. »

La remise à niveau est aussi très utile pour Malo. « Je me voyais comme un idiot. J’étais très intelligent pour faire des conneries, mais pas à l’école. » La pédagogie appliquée à l’EPIDE est pour lui une révélation : « A l’EPIDE c’est très différent de l’école. Ici, les cadres s’adaptent à chaque jeune. En apprenant de manière différente j’avais de très bonnes notes, pour la première fois. J’ai même eu 19/20 à mon CFG ! » se félicite le jeune homme, fier de lui.

Travailler en extérieur

A mesure que son parcours à l’EPIDE avance, Malo se rend compte qu’il veut travailler en extérieur. « Je n’aimais pas être enfermé. » Pour répondre à sa demande, sa conseillère en insertion professionnelle, Aude Lemarchand, lui propose d’essayer un stage dans une entreprise de paysagiste. « Je me suis tout de suite bien entendu avec le patron. Il était satisfait de mon travail. Il m’a rapidement pris en CDI, à temps plein » se réjouit Malo. « Je suis, aujourd’hui, toujours ouvrier paysagiste en CDI, dans la même entreprise depuis ma sortie de l’EPIDE en janvier 2017. Mon poste est très polyvalent, ce qui me plaît. » 

« Depuis ma sortie, j’habite toujours chez mes parents. Mais maintenant, je mets de l’argent de côté et j’apprends à bien le gérer » explique-t-il. « Ils sont super fiers de moi. Ils continuent encore de me le dire. C’est quelque chose qui me fait beaucoup de bien. Avant je sais qu’ils avaient honte de moi, même s’ils ne me le disaient pas. » Malo en profite aussi désormais pour venir témoigner sur son parcours dans son ancien centre EPIDE et partager son expérience avec les nouveaux volontaires. « Je leur explique que c’est possible de s’en sortir, si l’on s’en donne les moyens et que l’on est motivé » conclut-il.