Des jeunes, acteurs de leur avenir

Le centre EPIDE de Cambrai rend hommage à Lili Leignel

Le 27 mars, le centre EPIDE de Cambrai a inauguré sa très belle salle voûtée au nom de Lili Leignel. Présente pour l’occasion, celle-ci est revenue sur son histoire, sa déportation à 11 ans avec toute sa famille dans les camps nazis de Ravensbrûck et de Bergen Belsen.

« Lili, infatigable passeur de mémoire ». Quelques mots inscrits sur une plaque pour se souvenir, et transmettre ce qu’elle a vécu. A 85 ans, Lili Leignel parcourt la France pour témoigner et partager son expérience, son histoire. Celle d’une enfant de 11 ans rescapée de l’horreur nazi, victime de la Shoah, et déportée pendant trois années durant la Seconde Guerre mondiale avec toute sa famille.

Son histoire, Lili Leignel est venue la raconter au centre EPIDE de Cambrai, le 27 mars dernier. Une visite pleine d’émotion pour les agents de l’EPIDE et les volontaires du centre. L’occasion, aussi, de dévoiler la plaque de la très belle salle voûtée du centre, qui porte désormais le nom de salle « LILI LEIGNEL ». Une cérémonie qui a pris d’autant plus de sens pour tous les participants présents, quelques jours après le meurtre antisémite de Mireille Knoll.

Les volontaires de l’EPIDE, Lili Leignel les a rencontrés lors d’une intervention dans un lycée de la région. « Ils étaient très émus et m’ont demandé de venir témoigner » se souvient Lili Leignel. Une invitation qu’elle ne pouvait pas refuser.

12.000 jeunes par an

« Je témoigne beaucoup dans le Nord-Pas-de-Calais, dans énormément de collèges et de lycées. Tous les jours en ce moment » explique Lili Leignel. Une mission qu’elle continue d’accomplir chaque jour, malgré l’âge. « Il s’agit pour moi de toucher le plus de monde possible » confie-t-elle, jusqu’à 12.000 jeunes par an. « Mais je suis désormais la seule à témoigner dans ma région » regrette Lili Leignel. « Je le ferai jusqu’à ce que je ne puisse plus tenir. C’est un but face auquel je ne faillirai pas » avance-t-elle, déterminée.

Une mission qui la mène dans toute la France et même parfois à l’étranger. « Je suis toujours émerveillée de voir l’intérêt de ces jeunes. Ça me donne vraiment envie de poursuivre ma mission » reconnaît Lili Leignel. « Je suis devenue un passeur de mémoire ». Un travail primordial pour que les générations futures n’oublient pas ce pan noir de l’Histoire. Un devoir de mémoire qui est entretenu à l’EPIDE grâce au parcours citoyen suivi par les volontaires.

« Maintenant, c’est vous la France. La France, elle sera ce que vous souhaiterez qu’elle soit », Lili Leignel, aux volontaires du centre EPIDE de Cambrai le 27 mars.

« Les jeunes doivent comprendre que la haine n’apporte rien du tout »

Ce témoignage, Lili Leignel le porte ainsi depuis bientôt 40 ans, suite à l’apparition du négationnisme en France. « Je témoigne pour la mémoire de ces pauvres êtres qui ont été décimés parce qu’ils étaient seulement juifs. Les jeunes doivent comprendre que la haine n’apporte rien du tout » explique-t-elle, avant de poursuivre : « Je leur explique que tout peut revenir, que le mal est partout, qu’il faut combattre le racisme ce fléau de notre époque, l’antisémitisme, la xénophobie. Je leur demande d’être tolérant et se supporter les uns les autres avec leurs différences qui ne font que les enrichir. »

Un discours poignant pour les volontaires présents lors de la cérémonie. « J’ai été très touchée par cette cérémonie, par le lieu tellement beau, par les jeunes » décrit Lili Leignel. « Ça m’a beaucoup marquée. Je leur ai dit : je compte sur vous les enfants pour transmettre ce que vous savez ». Un moment qui n’a pas laissé indifférents les volontaires, comme Renik, 20 ans. Celui-ci s’est tout simplement approché de Lili Leignel à l’issue de la cérémonie avant de lui souffler : « Je n’ai pas de cadeaux pour vous, mais je vous offre mon cœur madame Leignel. » Quelques mots qui ont ému Lili Leignel.