Des jeunes, acteurs de leur avenir

« Je voulais prouver que même avec une maladie, on peut y arriver »

Thomas, ancien volontaire du centre EPIDE de Langres vient d’entrer en formation comme tailleur de pierre. L’aboutissement d’un parcours marqué par sa volonté de dépasser les obstacles rencontrés.

A 21 ans Thomas est un futur tailleur de pierre. Un métier atypique que le jeune homme a découvert pendant son parcours à l’EPIDE, au sein du centre de Langres (52). Après une dizaine de mois comme volontaire, Thomas vient ainsi d’intégrer en octobre 2017 le centre de formation professionnelle Poinfor, à Langres. Un dénouement qui devrait lui permettre d’accéder à des perspectives d’emploi dans les métiers de la restauration du patrimoine.

Un parcours accidenté

Tout n’avait pourtant pas bien débuté pour Thomas. L’ancien volontaire est un écorché vif. « Suite à des problèmes familiaux, je suis tombé en dépression et ai été placé en foyer jusqu’à mes 17 ans » se souvient-il. Une situation qui impacte sa scolarité. « J’ai été renvoyé de mon collège en 5ème. Puis j’ai passé ma 4ème dans une école privée avant d’abandonner la même année. » S’en suivent deux années de déscolarisation pour le jeune homme originaire de Dijon. « Lorsque j’ai voulu reprendre les cours, on m’a expliqué que ce serait trop difficile avec la différence d’âge. A 18 ans,  j’étais jugé trop vieux pour retourner au collège. »

Thomas n’abandonne pourtant pas. Il rêve, depuis qu’il est plus jeune, des métiers de l’uniforme. Il s’en approche en réalisant un service civique dans la police municipale de Dijon, en brigade verte. Alors qu’il essaie de devenir pompier volontaire, puis de s’engager dans un CIRFA, on le redirige vers l’EPIDE à cause de son niveau scolaire insuffisant et de ses problèmes de santé. Thomas est, en effet, épileptique et est aujourd’hui reconnu travailleur handicapé.

« Il faut toujours garder espoir et aller de l’avant »

L’EPIDE est une révélation pour lui. Même si le parcours où la vie en collectivité « n’étaient pas faciles tous les jours », il garde espoir. « Je m’étais fixé un but : sortir de l’EPIDE avec un contrat. Aller jusqu’au bout » explique-t-il. « Je voulais aussi prouver que quelqu’un de malade pouvait suivre un parcours avec une inspiration militaire ! » Il doit toutefois changer de projet professionnel lors de son arrivée à l’EPIDE. « L’inspiration militaire de l’EPIDE m’a beaucoup plu, car je voulais toujours devenir militaire ou pompier. Mais c’était impossible à cause de ma maladie » regrette-t-il.

« Mais j’ai choisi de rebondir et j’ai cherché un autre emploi » note-t-il. « Il faut toujours garder espoir et aller de l’avant. Je suis resté motivé, même lorsque les résultats étaient négatifs. Je reste toujours joyeux et je garde le sourire. En gardant espoir et en étant positif, on sait que la vie nous sourira toujours », relativise-t-il.

« Je voulais prouver que l’on pouvait réussir et trouver un emploi, même avec des problèmes de santé » Thomas, ancien volontaire du centre EPIDE de Langres.

Thomas découvre ainsi, à l’EPIDE, le métier d’ébéniste qui l’attire vraiment. « J’ai fait des stages dans les Vosges qui m’ont plu ». Malheureusement, c’est une nouvelle déception pour le jeune homme qui n’est pas retenu pour intégrer une formation. « Ma conseillère en insertion professionnelle (CIP) m’a beaucoup accompagné. Elle a fait beaucoup de choses pour moi, je n’avais jamais connu un tel soutien » avoue Thomas, reconnaissant. « Elle m’a ensuite parlé du métier de tailleur de pierre que je ne connaissais pas du tout. J’ai accepté de réaliser plusieurs journées d’immersion dans un atelier de taille de pierre et j’’ai tout de suite accroché ! »

Un horizon plus dégagé

Suite à ces différents essais et à des entretiens, Thomas est accepté par l’organisme Poinfor pour intégrer une formation. A la clé, un diplôme de CAP taille de pierre. Un sésame pour obtenir un emploi atypique et en voie en de disparition. « Ce sont des artisans assez recherchés ! » remarque Thomas qui souhaite déjà aller plus loin. « J’aimerais devenir compagnon du devoir par la suite et travailler comme tailleur de pierre, par exemple pour restaurer des remparts ou des cathédrales. »

« Mais pour le moment, je tiens surtout à ce que cette formation se passe très bien pour ne pas avoir de regrets. » Une formation qui prendra fin l’été prochain, en juillet 2018. D’ici là, Thomas doit déjà trouver un logement. « Ma famille est à Dijon et la formation à Langres. Du coup, je continue de résider à l’EPIDE le soir, pour manger et dormir. » Le jeune homme bénéficie en effet d’un contrat de soutien post-EPIDE, qui lui permet, alors même que son parcours à l’EPIDE est terminé, de continuer à vivre dans le centre le temps de trouver un logement. « J’ai rendez-vous cette semaine pour louer un appartement dans une résidence sociale, grâce à un contact de l’EPIDE. »

« L’EPIDE me manque déjà, l’uniforme aussi » constate Thomas. « L’EPIDE m’a apporté de l’aide, du soutien, mais des amis aussi. Je suis quelqu’un de nature assez solitaire ; l’EPIDE m’a vraiment resocialisé » confie l’ancien volontaire. « En plus, j’ai passé le code à l’EPIDE, même si je ne l’ai eu que lors du deuxième essai. La première fois j’ai fait une crise d’épilepsie à la 35e question » se rappelle-t-il. « Et puis, j’ai appris beaucoup de choses grâce à la remise à niveau, mais aussi en informatique, même si cela restait compliqué. » Pour le futur tailleur de pierre, c’est déjà décidé : « Je viendrais rendre visite aux agents et témoigner auprès des nouveaux volontaires de mon parcours ! Et je pense aussi me porter volontaire comme bénévole de la Croix-Rouge pendant mon temps libre. L’EPIDE m’a motivé grâce aux actions citoyennes » conclut le jeune homme, désormais bien occupé.