Des jeunes, acteurs de leur avenir

Devoir de mémoire au Struthof

Après s’être rendus aux archives départementales de Strasbourg, fin juin, plusieurs volontaires du centre de Strasbourg ont travaillé sur des documents authentiques et sont ensuite allés visiter le camp de concentration de Natzweiler début juillet où leur a été expliquée l’histoire du site et la montée du nazisme de 1933 à 1945.

Un peu d'histoire...

Ce camp fût ouvert en mai 1941, initialement pour exploiter un filon de granite rose situé à proximité. Ce sont des prisonniers de guerre, des déportés politiques arrêtés en raison de leurs convictions antinazies et des résistants qui constitueront la première main d’œuvre.  En 1943, le nombre de déportés triple et une chambre à gaz expérimentale y est installée. Le camp de Natzweiler ouvrira en tout 70 camps annexes, tous voués à l’effort de guerre. Il faudra attendre septembre 1944 pour que les premiers déportés soient évacués face à l’avancée des alliés. Entre 1941 et 1945, 52000 déportés seront donc passés par ce camp et 22000 morts seront décomptés : morts de faim, morts d’épuisement, morts de traitements inhumains ou expérimentaux.

Une visite riche de sens

Cette visite a été riche en émotions et les volontaires présents n’ont pas manqué d’exprimer au retour de cette journée leurs ressentis. Chacun a ainsi pu exprimer ce que lui avait apporté cette journée.

Nicolas était très intéressé et content d’enrichir sa culture historique grâce à cette visite. Pour Thierry, le fait d’être sur place, lui a fait prendre conscience de l’enfer et de l’horreur qu’ont vécu les déportés. Arlette-Laetitia, elle, a été choquée en voyant le four crématoire et en apprenant que trois personnes étaient entassées en même temps dans cet espace réduit.

Julien, quant à lui, a été touché par la minute de silence qui a été observée devant la fosse aux cendres et le mur du souvenir. Mike a appris que les camps n’étaient pas créés au départ pour les juifs mais pour les citoyens allemands opposés à la politique et aux idées de Hitler. Il a ainsi pris conscience de l’étendue de la situation et ajoute « C’est encore plus grave que ce que je pensais ». Mylène était contente de ne pas avoir vécu à cette époque : « aujourd’hui, on se plaint finalement pour pas grand-chose alors qu’il existe bien pire »

Grâce à cette visite, les volontaires ont pris conscience de ce qui s’est réellement passé pendant la seconde guerre mondiale en Europe, parfois à proximité de chez eux, ici en Alsace. « C’est tellement inhumain qu’on a peine à croire qu’une horreur comme cela soit possible ».

Transmettre des valeurs citoyennes : un enjeu

La citoyenneté fait partie intégrante du processus d'insertion sociale et professionnelle des volontaires. Celle-ci passe par le partage de valeurs communes de liberté, d'égalité et de fraternité. 

La citoyenneté ne s'apprend pas, elle se vit. Cette visite a ainsi permis aux jeunes du centre de Strasbourg de prendre conscience des différences au sein de la société tout en comprenant le principe d'égalité.