Des jeunes, acteurs de leur avenir

De l'EPIDE au titre de Meilleure Apprentie de France

Portrait. Début mars, Hélène, une ancienne volontaire du centre EPIDE de Lanrodec (22) est venue témoigner devant les volontaires actuels sur son parcours. Avec un changement de voie professionnelle, un retour à l’apprentissage ou encore l’obtention du titre de Meilleure Apprentie de France, la jeune femme avait beaucoup de choses à partager.

« J’ai galéré toute ma vie avant l’EPIDE. J’ai toujours eu du mal. »  Le 11 octobre 2016 pourtant, Hélène, ancienne volontaire du centre EPIDE de Lanrodec (22) en Bretagne, vient de remporter le titre de Meilleure apprentie de France. « Je ne réalise pas trop tout ce que j’ai accompli aujourd’hui. J’ai réussi quelque chose que je n’aurais jamais imaginé. C’était impensable tout ça ! »

Tout avait pourtant mal débuté pour Hélène. « J’étais en CAP coiffure, que j’ai abandonné… comme la moitié des choses que je faisais avant l’EPIDE ! ». C’était en juillet 2013. Cinq mois plus tard, la jeune femme découvrait l’EPIDE, l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi, par une affiche dans une mission locale.

« Je n’avais pas d’argent, pas de repère, pas de travail. Je n’avais pas une vie facile… Je me suis inscrite sur le site internet tout de suite » se souvient la jeune femme. « Si l’EPIDE n’avait pas marché, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Je n’avais rien d’autre. »

« J’avais vraiment besoin d’un recadrage ! » Hélène, ancienne volontaire du centre EPIDE de Lanrodec

« Je n’ai jamais eu un caractère facile. J’ai eu une enfance difficile. Je n’avais pas d’exemple maternel » témoigne la jeune femme. « L’EPIDE c’était très dur. Je n’aime pas la vie en collectivité, je n’aime pas les ordres » concède-t-elle. Une expérience qui va pourtant la faire mûrir.

Changement de projet professionnel

Lors de son entrée à l’EPIDE, fin 2013, Hélène souhaite poursuivre son ancien projet professionnel, la coiffure. Pourtant, elle doit vite abandonner ce rêve. « Quand on est majeur, c’est difficile de retrouver un apprentissage. On coûte beaucoup plus cher à l’entreprise qu’un étudiant de moins de 18 ans. »

Une nouvelle épreuve pour Hélène, qu’elle surmonte grâce à l’EPIDE. « L’EPIDE m’a forgé le caractère, m’a aidée à avoir du mental. » Elle sort du dispositif en juillet 2014, avec un projet professionnel dans la vente. Tout ne se passe pourtant pas comme elle l’aurait souhaité. « Le magasin dans lequel j’ai été embauchée m’a placée au sein de la fromagerie. Ça ne me plaisait pas du tout. Cela s’est ressenti dans mon travail. J’ai été virée pendant ma période d’essai. »

Hélène se retrouve du jour au lendemain sans travail et de nouveau livrée à elle-même. « Je n’avais plus rien. » Elle décide se tourner vers l’EPIDE. « J’ai recontacté mon ancienne conseillère d’insertion professionnelle (CIP) à l’EPIDE, Madame Poilpot. Alors que je ne faisais plus partie de l’EPIDE, elle m’a quand même aidée et répondu aussitôt. Elle m’a donné le contact du CFA de l’INHNI de Bruz. Trois jours après j’avais déjà une nouvelle entreprise et une nouvelle formation ! »

« Sans ma CIP, sans cette femme, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui », Hélène, ancienne volontaire du centre EPIDE de Lanrodec

Jamais je n’aurais pensé exercer ce métier

Une nouvelle vie s’ouvre à elle. Dans un secteur qu’elle n’aurait, dans le passé, jamais imaginé et encore moins choisi, le nettoyage. « C’était quelque chose qui ne m’attirait pas du tout à l’origine. Je suis très coquette » avoue-t-elle. « J’étais réticente, difficile sur les tâches obligatoires de nettoyage à l’EPIDE déjà. Je disais même que jamais je ne ferais de nettoyage. Je ne voulais pas nettoyer les saletés que les gens avaient laissées derrière eux ! »

La découverte des métiers de ce secteur, par le biais de l’alternance à l’INHNI, va pourtant la faire complètement changer d’avis. « Même si retourner à l’école était difficile, je me suis reprise en main. J’ai voulu montrer qu’on pouvait me faire confiance. »

Hélène (à droite sur la photo) présente son titre de Meilleure apprentie de France obtenu en octobre 2016.

En route vers le BTS

Deux ans plus tard, Hélène est toujours à l’INHNI, en apprentissage. La jeune femme y a même passé son Diplôme Nationale du Brevet. « Aujourd’hui, je suis apprentie en Bac Pro, en alternance chez Elior Services, comme cheffe d’équipe à l’hôpital Saint Hélier, de Rennes. Je m’épanouis complètement dans mon travail. Je suis très satisfaite de ce que je fais. Il fallait juste que je trouve ma voie » confie-t-elle.

Chaque jour, la jeune femme s’occupe ainsi du nettoyage « des bureaux, des chambres des patients, des sanitaires, etc. Actuellement, je remplace pleinement ma cheffe d’équipe. Je gère la relation client, les mails, l’équipe, le côté administratif. J’ai aussi remplacé ma cheffe de site. J’ai dû gérer les plannings, les demandes de congés, les arrêts maladie, etc. »

Et Hélène aspire même aller à plus loin : « Mon contrat pour le BTS est déjà signé. Je souhaiterais ensuite continuer vers une licence professionnelle, un BAC +3. J’aimerais devenir responsable qualité santé et prévoyance au travail, ou responsable commercial pour une entreprise de nettoyage. »

Meilleure apprentie de France

C’est déjà dans cet état d’esprit, qu’au mois d’octobre 2016 Hélène est devenue Meilleure apprentie de France. Une belle distinction pour son CV. « Je n’y croyais pas. J’étais sous le choc ! Avec ce concours, j’ai pu prouver à ma famille que j’avais fait le bon choix. Je les ai rassurés aussi » reconnaît la jeune femme, avant de poursuivre : « Pour une fois, j’ai fait quelque chose de bien dans ma vie. »

Pour y arriver, Hélène a pu compter sur un professeur qui a cru en elle et l’a inscrite, alors qu’elle n’était pas la meilleure de sa classe, « j’ai des notes correctes, mais pas excellentes. » Des épreuves qui l’ont aussi « stressée énormément » avoue Hélène. « Mais j’ai été beaucoup soutenue par une amie, Laura, qui y participait. »

La jeune femme, pour obtenir ce titre a ainsi dû réaliser plusieurs exercices devant un jury, parmi lesquels le décapage et la pose d’émulsion de sol : « Il fallait enlever la couche de protection du sol pour en mettre une autre. Il faut aussi contrôler le niveau d’acidité du sol dans ce cas. J’ai enfin dû nettoyer une cuisine et un sanitaire, en respectant des protocoles d’hygiène » explique l’ancienne volontaire de l’EPIDE.

« L’EPIDE m’a apporté une nouvelle vie »

« L’EPIDE m’a donné beaucoup de leçons. Ce que j’y ai appris me sert aujourd’hui » reconnaît la jeune femme de 21 ans. « Toute ma vie, je garderai un souvenir de mon passage à l’EPIDE. »

Reconnaissante, Hélène, continue de donner de ses nouvelles aux professionnels de son ancien centre EPIDE, à Lanrodec. Début mars, elle est ainsi intervenue, au sein du centre, pour présenter son parcours aux volontaires actuels. « Je leur ai dit que rien n’était impossible. Il faut être motivé, avoir de la détermination, et ne pas baisser les bras. Il faut aussi réussir à laisser de côté ses problèmes et foncer vers son but ».

 

 

Date de publication : 15/03/2017