Des jeunes, acteurs de leur avenir

De l’EPIDE à chef d’entreprise

Fin avril, Gianni Caltagirone, ex-volontaire de l’EPIDE de Strasbourg est retourné dans son ancien centre. L’occasion pour lui de reparler de son parcours atypique, qui l’a mené jusqu’à la création de sa propre entreprise en 2014. Portrait.

« Je n’aurais jamais pensé que je pourrais lancer mon projet. Tout le monde est capable de lancer son entreprise ! » En 2014, Gianni Caltagirone décide de quitter son emploi. Une année pendant laquelle, cet ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg, va faire mûrir son projet, jusqu’à réussir à lancer avec succès son entreprise, PÔLE ALLIANCE Sud Alsace, dans le secteur des services à la personne.

Tout n’avait pourtant pas bien débuté pour Gianni. En 2006, il vit en effet un premier échec qui le tire vers le bas. Après 2 ans d’apprentissage en BEP chaudronnerie, il échoue dans l’obtention de son diplôme. C’est la désillusion. Il enchaîne quelques petits boulots pendant plusieurs années, dans la restauration ou encore l’hôtellerie, mais rien de concret. « J’ai perdu 3-4 années de ma vie, à ne rien faire »  regrette-t-il.

Huit mois à l’EPIDE

En 2009, il entend parler de l’EPIDE et décide de s’inscrire. « Je ne faisais rien, je me suis dit autant y aller ! » explique le jeune homme d’aujourd’hui 29 ans. Il intègre l’EPIDE en novembre 2009, pour un parcours qui durera 8 mois, jusqu’au mois de juin de l’année suivante.

Le début est toutefois difficile. « J’étais paumé. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Quand je suis arrivé à l’EPIDE, on a parlé de moi et de ce que je voulais faire et mon projet est venu au fur et à mesure » se rappelle-t-il. « Les agents de l’EPIDE ont été très présents pour mon projet professionnel, beaucoup plus que d’autres dispositifs. »

« J’ai entendu parler du métier d’auxiliaire de vie accidentellement par le biais d’une autre volontaire. Ça m’a tout de suite intéressé. » C’est une révélation pour Gianni. Ce métier l’attire immédiatement.

« Je voulais un boulot qui ait un sens et qui apporte quelque chose à quelqu’un », Gianni Caltagirone, chef d’entreprise et ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg.

Entrée en formation qualifiante

Pour valider son projet professionnel, le centre EPIDE de Strasbourg lui propose de réaliser plusieurs stages. Un premier, de 15 jours, lui permet de découvrir le métier d’ASH, Agent de service hospitalier, au sein d’une maison de retraite. Au programme : « Nettoyage des chambres, mise en place des tables, installation des résidents, les repas, etc. C’était un stage très humain. J’ai adoré. » Il réalise finalement deux autres stages pour valider son projet professionnel.

Afin de poursuivre dans cette voix, Gianni décide, à la fin de son parcours à l’EPIDE, d’entrer en formation à l’INFA de Strasbourg, l’Institut National Formation Appliquée. « J’ai voulu m’orienter vers une formation qui met en avant le contact humain » explique-t-il. Une formation d’EF-ADVD (Employé familiale – Assistant de vie dépendance), qui dure 6 mois jusqu’en octobre 2010.

Il y apprend les gestes et les postures de son futur métier. C’est aussi l’occasion d’engranger de nouvelles expériences professionnelles par le biais de nouveaux stages, « plutôt à domicile chez le particulier, où il faut être beaucoup plus autonome ». Au bout de sa formation, il passe son examen qu’il obtient haut la main.

Le permis, la clé pour trouver un emploi

Fort de ce succès, Gianni décide de retourner chez lui, à Mulhouse. Tout ne se passe pourtant pas comme il l’aurait souhaité. « Je n’ai pas réussi à trouver du travail. En tant qu’auxiliaire de vie, il me fallait obligatoirement le permis. J’étais bloqué, car je n’avais pas les moyens de me le payer. » L’ancien volontaire ne baisse pas les bras : « L’EPIDE m’a renforcé, et m’a aussi aidé à affronter des difficultés familiales en sortant du dispositif. » Il décide ainsi de recontacter le centre EPIDE de Strasbourg, qui continue de l’aider. « Ils m’ont dit de finir de passer mon code. Quand je l’ai obtenu, l’EPIDE a tenu parole et m’a payé 14 heures de conduite ! »

Une aide décisive qui lui permet d’obtenir son permis du premier coup. « J’ai trouvé un emploi quelques temps après. J’ai postulé dans une entreprise de services. Ils m’ont pris le jour même ! » se souvient-il. Un premier vrai contrat professionnel qui lui permettra dans les années qui suivent d’enchaîner différentes expériences professionnelles auprès de diverses structures.

« L’EPIDE m’a tout apporté. Les agents m’ont appris à me recentrer sur moi-même, à être sûr de moi, à obtenir ce que je voulais tout seul. L’EPIDE m’a aussi permis de prendre mon indépendance, de devenir autonome. Grâce à l’EPIDE, j’ai mûri. » Gianni Caltagirone, chef d’entreprise et ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg.

L’aventure de l’entrepreneuriat

En 2014, Gianni décide ainsi de se mettre au chômage. Objectif, « prendre le temps de créer ma propre entreprise avec un ancien collègue ». S’il ne s’en sentait pas capable à l’origine, l’EPIDE l’y a préparé indirectement. « Le savoir être acquis à l’EPIDE, m’a beaucoup aidé pendant mes différents entretiens avec des banquiers, des avocats, etc. Je suis relativement à l’aise dans ces situations désormais » note le jeune chef d’entreprise. « L’EPIDE m’a vraiment permis d’être sûr de moi, de prendre mon indépendance et de devenir autonome. »

Au final, une année complète sera nécessaire à l’aboutissement de son projet, en intégrant notamment une formation de gestion et commerce à la Chambre des Métiers. « Il faut être rigoureux pour un tel projet. Et puis, auxiliaire de vie c’est un métier de conviction. Une passion. Ce n’est pas un métier que l’on fait pour s’enrichir » prévient-il.

« Gérer de l’humain, des salaires, c’est compliqué. C’est tous les jours difficiles, mais l’EPIDE m’a permis d’apprendre à savoir ce que je voulais. » Gianni Caltagirone, chef d’entreprise et ancien volontaire du centre EPIDE de Strasbourg.

Lucide, Gianni ne veut toutefois pas aller trop vite : « Maintenant, je souhaite avant tout pérenniser mon entreprise. Que ce soit une structure qui tienne et qui réponde aux demandes » détaille-t-il « Aujourd’hui, j’emploie 3 personnes en CDI et probablement une quatrième en CDD cet été. Et puis pourquoi pas, demain, prendre un volontaire en stage pour partager mon expérience. »