Des jeunes, acteurs de leur avenir

De l’Afghanistan à l’EPIDE

Sayed fait partie de ces milliers de réfugiés originaires du Moyen-Orient qui fuient leur pays. Après un périple de plusieurs mois depuis l’Afghanistan, le jeune homme est arrivé en France, où il a découvert l’EPIDE qui l’a soutenu pour son insertion professionnelle et sociale.

Afghanistan, Iran, Turquie, Grèce, Italie et enfin… la France. C’est le long parcours de Sayed, jeune réfugié parti de son pays à pieds, en 2015. Un parcours éprouvant qui l’a mené jusqu’au centre EPIDE de Lanrodec, en Bretagne.

Originaire de Kaboul, la capitale afghane, Sayed quitte son pays à 19 ans. « Toute ma famille est restée là-bas. J’étais l’ainé. Je suis parti à cause des conditions de vie très difficiles de ma famille et de ce qu’il se passe dans mon pays. » Un pays ravagé par la guerre et le terrorisme depuis plusieurs décennies. Des malheurs qui ont touché directement les proches de Sayed. Son père, qui travaillait dans la sécurité, est ainsi abattu cette même année.

« Ma famille était en difficulté. Nous avions besoin d’argent pour survivre en Afghanistan » confie le jeune homme d’aujourd’hui 21 ans. Une situation très compliquée qui le pousse à quitter sa vie et sa famille pour un long voyage.

Sayed, qui ne parle alors pas français, mais anglais, souhaite rejoindre l’Angleterre. Comme de nombreux réfugiés, il atterrit finalement à Calais. « J’y suis resté plus de trois mois » se souvient-il. « Il y a eu des accidents et des morts parmi les immigrés qui ont essayé de passer la frontière. C’était beaucoup trop dangereux » confesse-t-il. « Je ne voulais plus y aller, j’avais peur qu’il m’arrive la même chose ».

L’AFPA puis l’EPIDE

Sayed est finalement pris en charge et accueilli par l’AFPA, l’Association pour la formation professionnelle des adultes. Il est orienté vers le centre AFPA de Langueux en janvier 2016, avec 16 autres réfugiés. Un accompagnement essentiel pour son insertion, qui va lui permettre de réaliser deux formations pour apprendre la langue française, mais aussi deux stages : le premier comme plaquiste et le second chez un artisan spécialisé dans l’aménagement intérieur.

Pourtant, Sayed ne trouve toujours pas d’emploi. Début 2017, il découvre l’EPIDE, l’Etablissement pour l’insertion dans l’emploi, lors d’une présentation du dispositif à l’AFPA. Dès le mois de juin, il intègre le centre EPIDE de Lanrodec. Comme tous les volontaires accueillis, Sayed présente son projet professionnel, plaquiste, qu’il a découvert avec l’AFPA.

« L’EPIDE, c’était une grande chance pour moi, pour apprendre à mieux parler la langue française et découvrir un métier, mais aussi avoir le permis de conduire » Sayed, 21 ans, ancien volontaire du centre EPIDE de Lanrodec.

En devenant volontaire, le jeune homme suit aussi une remise à niveau. « C’était intéressant pour moi, puisqu’avant j’étais étudiant en Afghanistan. J’ai dû arrêter mes études avant un examen qui correspond au BAC en France » explique-t-il. Sayed est motivé, même « très motivé », comme l’attestent les cadres de l’EPIDE qui l’accompagnent et principalement Soazig Poilpot, sa conseillère en insertion professionnelle. Le jeune afghan apprend vite, même si la barrière de la langue demeure haute. « J’ai appris beaucoup de choses » confirme l’ancien étudiant qui n’avait jamais travaillé avant d’arriver en France.

Pour Sayed, l’EPIDE est une très bonne expérience : « Je me suis bien intégré, même si l’internat m’inquiétait un peu au départ. Les autres volontaires savaient que je venais d’Afghanistan. Mais je ne m’épanchais pas sur les détails » note-t-il.

Une situation familiale qui le rattrape

Après seulement quatre mois passés à l’EPIDE, alors que Sayed se trouve à la moitié de son parcours pour devenir plaquiste, la situation de sa famille se détériore brusquement. « Je devais absolument travailler pour envoyer de l’argent à ma famille » explique-t-il. « J’ai demandé à mes cadres de l’EPIDE de m’aider à trouver un emploi au plus vite. Je devais quitter l’EPIDE » regrette Sayed.

« Deux jours après, l’on me proposait un poste comme employé de couvoir pour l’entreprise Le Helloco de Loudéac ! En moins d’une semaine j’ai pu travailler grâce à l’EPIDE. Je suis en CDI et je gagne aujourd’hui un peu plus du SMIC, car j’ai des horaires décalés » note le jeune homme, déçu ne pas avoir pu finir son parcours à l’EPIDE, mais soulagé de pouvoir soutenir sa famille. « Ils sont contents de ce que je fais aujourd’hui et que je puisse les aider ».