Des jeunes, acteurs de leur avenir

Comment les jeunes arrivent jusqu’à l’EPIDE ?

L’EPIDE dresse en ce début d’année le bilan 2017 de son recrutement des jeunes devenus volontaires. Un bilan qui permet de noter certaines évolutions.

En 2017, les capacités d’accueil de l’EPIDE ont augmenté pour atteindre 2745 places disponibles, suite à l’ouverture du centre EPIDE de Toulouse. Chaque année se sont, en moyenne, 3500 jeunes qui sont accompagnés pendant une durée de huit mois environ. Pour attirer ces jeunes, entre 18 et 25 ans, sans diplôme ni qualification, l’EPIDE s’appuie sur de nombreux leviers : bouche à oreille, prescripteurs, médias, associations, etc.

Le bouche à oreille, première source de recrutement des volontaires

En 2017, 38% des volontaires ont rejoint l’un des 19 centres grâce à un ami, de la famille ou sur conseils d’un volontaire ou d’un ancien volontaire. Le bouche à oreille demeure cette année encore la première source de recrutement de jeunes pour l’EPIDE. Une situation qui traduit le haut niveau de satisfaction des volontaires, qui n’hésitent pas à recommander cet accompagnement à leurs proches.

Le bouche à oreille n’est toutefois pas le principal vecteur de candidats dans tous les centres. On observe en effet des niveaux disparates, allant de 24% à Velet à 52% à Marseille. Cette même disparité d’un centre à l’autre est constatée pour les orientations réalisées par les missions locales.

Les missions locales, un prescripteur important pour l’EPIDE

En 2017, seulement 16% des volontaires du centre EPIDE de Val-de-Reuil ont été orientés par une mission locale, contre 41% à Langres. Malgré ces écarts, les missions locales demeurent la deuxième source de recrutement, après le bouche-à-oreille, puisqu’elles orientent en moyenne 25% des volontaires admis (26% en 2016).

A Cambrai, l’EPIDE et la mission locale travaillent main dans la main depuis la création du centre en 2008. « Tous les ans nous orientons une soixantaine de jeunes vers l’EPIDE. Tous les deux mois, ils peuvent découvrir ce dispositif lors d’une journée de visite du centre » explique Carole Portier, Conseillère en insertion professionnelle au sein de la mission locale du Cambrésis, qui regroupe 116 communes. « Certains jeunes sont attirés par l’accompagnement renforcé que propose l’EPIDE et la possibilité qui leur est offerte de trouver leur voie. Pour ceux qui ont déjà un projet professionnel dans l’armée, l’EPIDE leur permet de tester la vie en collectivité. C’est très intéressant » poursuit Carole Portier.

La conseillère souligne par ailleurs la notoriété accrue de l’EPIDE, qui tendrait à expliquer pour partie la baisse des prescriptions. « Certains connaissent déjà l’EPIDE par le bouche à oreille ou les médias. Ils ne passent plus obligatoirement par nous pour s’inscrire, comme c’était le cas par le passé » note-t-elle. Malgré cela, le partenariat demeure très fort entre le centre nordiste et la mission locale du Cambrésis. « C’est une relation de longue date qui nous permet de suivre les jeunes jusqu’à leur sortie du dispositif EPIDE. Certains reviennent même après nous donner de leurs nouvelles » se félicite Carole Portier.

Les associations, une porte d’entrée pour toucher les jeunes des QPV

Si les partenaires de la Défense (Journée Défense et Citoyenneté, CIRFA) constituent la troisième modalité de prise de connaissance du dispositif, la part de jeunes orientée par ceux-ci est de moins en moins importante. Elle est ainsi passée de 21% en 2015 à 12% en 2017. A l’inverse, le recentrage de l’EPIDE sur les jeunes résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville tend à se ressentir par le nombre d’entre eux orientés par des associations.

Pour pénétrer ces quartiers, les centres EPIDE multiplient les actions communes avec des associations qui y sont implantées. Ainsi, en 2017, la part des associations dans l’origine du recrutement des jeunes augmente de 2 à 4%.

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Une pratique très répandue au sein du centre EPIDE de Lanrodec, en Bretagne, qui s’appuie régulièrement sur des actions sportives ou culturelles, ou encore des portes ouvertes, pour présenter le dispositif aux jeunes résidants dans les QPV, comme en septembre avec la MJC Maison de Suède située à Rennes, ou en décembre avec l’association La Chamaille, un club de prévention spécialisé.

A cette occasion, deux jeunes femmes originaires de Dinan, accompagnées par l’association, avaient découvert l’EPIDE, avant de faire le choix de rejoindre le dispositif. « Ces jeunes voulaient se prendre main, faire preuve d’autonomie et expérimenter un cadre plus structurant que ce qu’elles connaissent dans leur environnement familial » note Hélène Hervé, éducatrice spécialisée au sein de l’association. Pour cette dernière, qui intervient particulièrement auprès des jeunes du quartier prioritaire de La Fontaine Des Eaux, l’EPIDE permet une véritable « mise en confiance des jeunes. C’est le facteur clé de réussite de  leur future insertion professionnelle » conclut-elle.